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UFR de sciences humaines et arts (SHA)

Les thèses soutenues à l'"UFR de sciences humaines et arts (SHA)"

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158 ressources ont été trouvées. Voici les résultats 1 à 10
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  • Les espaces de la retraite internationale : pour une géographie du contre champ migratoire franco marocain    - Pinel Jordan  -  11 décembre 2020

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    À partir d'une compilation de données disponibles (EFL, CNAV) et d'une enquête menée dans la région marocaine du Souss-Massa de 2017 à 2019 auprès de 80 retraités, ainsi qu'auprès d'acteurs institutionnels, associatifs ou privés gravitant autour de la présence retraitée au Maroc, cette thèse de géographie questionne les mutations du champ migratoire franco-marocain. Celles-ci reposent sur le vieillissement de ses acteurs d'une part, mais également sur l'installation progressive d'une population retraitée française dans la circulation entre les deux pays. Ainsi, retraités marocains et français sont étudiés au sein d'un même espace migratoire qu'ils reconfigurent tout en renouvelant les contours et le fonctionnement du champ migratoire initial, faisant émerger un "contre-champ". Ce rapprochement analytique vise à réinterroger et à déconstruire les catégories de « migrations de retour » et de "migrations d'aménité", afin d'éclairer au mieux les pratiques spatiales liées au vieillissement et à la migration. En sortant d'un certain déterminisme propre aux catégorisations ethno-nationales usuelles, la thèse montre que les pratiques spatiales, et notamment les pratiques et formes d'installation résidentielles, sont façonnées essentiellement par le processus de vieillissement, plus que par l'origine ou la nationalité du retraité migrant. Les études migratoires et résidentielles se révèlent complémentaires dans la réflexion sous-tendue par cette thèse. Elles permettent de souligner l'importance du réseau social – notamment familial – dans les logiques spatiales au moment de la retraite.

  • Des amphis d’apprentis. Genèses, structurations et composition sociale des formations en apprentissage dans l’enseignement supérieur    - Pierrel Arnaud  -  07 décembre 2020

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    Cette thèse de sociologie interroge le développement des formations en apprentissage dans l’enseignement supérieur. Cantonné à la préparation des CAP jusqu'en 1987, ce mode de formation a connu depuis lors une "aspiration vers le haut", de telle sorte qu'à la fin des années 2010 près de quatre apprentis sur dix préparent un diplôme de l'enseignement supérieur. Cette implantation progressive de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur remodèle les contours de celui-là tout autant qu'elle constitue un miroir grossissant des recompositions qui affectent celui-ci : hausse du taux d’accès sous régime de démocratisation ségrégative, contraintes de financement, injonction à la professionnalisation des formations et nouvelles formes de sélection à l'entrée de ces dernières. S'appuyant sur des matériaux d'archives, statistiques et ethnographiques, cette thèse montre que le développement de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur constitue un poste d'observation privilégié de la production et de la perception des différentes composantes de la valeur des diplômes. Par extension, sont analysées les sources et formes de l’hétéronomie relative du monde académique, dimension souvent oubliée au profit de son pendant autonome. La mise en évidence de la pluralité de la valeur des diplômes et de l'hétéronomie relative s'effectue en trois temps, constituant autant d'étapes méthodologiques d'une étude globale des formations en apprentissage de l'enseignement supérieur. La première partie explique, dans une perspective sociohistorique, comment l'apprentissage "arrive" dans l'enseignement supérieur avec, dans ses bagages, son passé de mode de formation associé à la qualification ouvrière, le remodelage progressif de la morphologie apprentie consécutif de cette arrivée et la ramification de l'offre de places qui sous-tend le développement du mode de formation. La deuxième partie rend compte, à l'échelle des établissements, de la diversité des formes institutionnelles que revêtent les centres de formation d'apprentis, leurs positions au sein de l'espace de l'enseignement supérieur et les rapports d'homologie entre ces positions et celles occupées sur le marché de la collecte de la taxe d'apprentissage, source financière au cœur de leur fonctionnement. Une fois mises au jour les logiques d'appropriation du mode de formation et les configurations institutionnelles dans lesquelles il est pris, la troisième partie donne à voir qui sont les apprentis de l'enseignement supérieur, d'abord comme groupe construit par ses modalités de recrutement, puis comparativement aux étudiants sous statut scolaire et enfin eu égard à leur spécificité d'être préclassés dans les rapports sociaux de production.

  • Les lieux et les liens. Pour une géographie culturelle du plurihandicap.    - Bernard Serge  -  04 septembre 2020

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    Cette thèse de géographie culturelle joue des lieux et des liens du handicap. En dialogue avec d'autres approches des sciences humaines et sociales, spécialement la psychologie et l'anthropologie, mais encore la sociologie voire l'histoire, elle témoigne d'une ambition : celle de comprendre le handicap et le plurihandicap dans le temps et surtout, dans l'espace. Si l'auteur fait un retour d'expérience sur une longue période de travail qui l'a conduit partout en France mais aussi à l'étranger, il livre aussi un travail de recherche, avec la construction d'un cadre théorique, d'une méthode, une articulation de la pratique avec la théorie. Il aborde le rôle des changements d'échelle dans les interactions entre politique et pratique du handicap. Il cerne la genèse et le développement des quatre grands modèles théoriques explicatifs contemporains que sont « stigmates et déviance», « inégalités et oppression sociale », « approche et analyse culturaliste », « seuil et liminalité ». Les variations dans le temps rendent compte d'une place différenciée octroyée par les sociétés aux personnes handicapées mais avec une certaine invariance, et du « validisme » et de l'ambivalence des regards et des postures, entre compassion et rejet. La comparaison des espaces, elle, est abordée au prisme des cultures et elle met en évidence les inégalités socio-spatiales, les discriminations mais aussi les multiples liens sociaux, et les initiatives émancipatrices des adultes et des enfants plurihandicapés. L'ouvrage compare des lieux variés, (la maison familiale, la ville, le village), il va et vient dans des territoires géographiquement et culturellement différents : la France « hexagonale », la Guyane, le Québec, le Cameroun. Autour de trois systèmes de relations, Nord-Suds, Centre-Périphéries, et Rural-Urbain, en partant du global pour descendre par « paliers » vers la géographie « du ras du sol », les dimensions culturelle et politique sont au cœur de cette approche du handicap. En s'inscrivant dans une géographie culturelle liée à la psychologie, pour explorer les possibles d'une géo-psychologie du handicap, cette recherche met en évidence l'importance de l'ordinaire, du territoire quotidien, et surtout du sujet et de son lien à son entourage et à son environnement. Au total, le lecteur se voit proposé un regard géographique original, qui choisit d'aborder le handicap en privilégiant une approche culturelle et spatiale, en proposant plutôt les prémices d'une ethno-psycho-géographie du handicap, qui ose s'écarter de la géographie de la santé, comme nous y ont habitué les géographes anglo-américains, pionniers dans le domaine.

  • Les territoires ruraux à l’épreuve de nouvelles manières d'habiter : vivre en habitat non-ordinaire dans des espaces de faible densité    - Mialocq Madeleine  -  15 janvier 2020

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    La thèse propose d'aborder un phénomène encore méconnu et néanmoins répandu : la présence d'habitats non-ordinaires dans les campagnes françaises. Les habitats ainsi dénommés concernent des habitats caractérisés par un écart aux normes de confort habituelles et/ou une irrégularité juridique de leur statut d'occupation (habitats sans permis). Les habitats légers (yourtes, tipis), mobiles (camions, caravanes) sont concernés ainsi que des formes en dur (granges en montagne) ou « intermédiaires » que sont les cabanes. Le parti pris de la thèse consiste à se pencher plus spécifiquement sur les espaces ruraux de faible densité afin de questionner un cas « limite » de ruralité, a priori voué au déclin, qui rencontre néanmoins une attractivité paradoxale. Le propos de la thèse conduit en effet à questionner la nature d'habitats habituellement abordés sous les thématiques de la précarité et de la marginalité, qui semblent trouver des avantages certains à l'installation dans des espaces de faible densité. Il s'agit alors ici de travailler sur les représentations et les pratiques des habitants en habitats non-ordinaires et de dépasser ainsi les stigmates qui peuvent être accolés à ce type d'habitat. La thèse s'appuie pour cela sur trois terrains situés dans la partie ouest de la France : quatre zones d'étude en Ariège, le lieu collectif Copeaux Cabana situé en Dordogne, et le hameau du Grand Pic en Haute-Vienne. Influencés par l'approche ethnographique, ils ont été effectués en immersion auprès d'une quinzaine de lieux, concernant autant des personnes habitant seules, qu'en couple, qu'en famille ou en communauté. A chaque fois les motivations, les trajectoires et les quotidiens ont été relevés afin de documenter les manières d'habiter présentes sur place. La thèse consiste dès lors en un recueil d'une diversité de manières d‘habiter relatives aux terrains étudiés, destiné, dans un second temps, à pouvoir alimenter la réflexion de l'évolution des territoires ruraux de faible densité face à des situations qui les mettent à l'épreuve, et de l'encadrement possible des habitats en situation d'irrégularité administrative.

  • Des instituteurs aux managers de l'éducation populaire. Étude des trajectoires de salariés « permanents » de la ligue de l'enseignement    - Prat Isabelle  -  19 novembre 2019

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    Cette recherche vise à saisir les parcours de salariés « permanents » inscrits dans un mouvement d’éducation populaire, à travers l’étude d’une association : la Ligue de l’enseignement. Créée en 1866, elle s’est structurée au fil de son histoire en confédération d’associations avec une instance nationale et des antennes locales. À l’instar du monde associatif de manière plus générale, elle connaît de nombreuses transformations institutionnelles depuis les années 1980, qui sont étudiées dans la première partie de ce travail. L’évolution des financements publics, la baisse des subventions ou encore la fragilité financière des fédérations départementales sont autant de caractéristiques qui marquent le réseau de la Ligue de l’enseignement. De ce fait, des logiques d’homogénéisation des pratiques professionnelles sont mises en place par l’échelon national dans le but de fabriquer une socialisation commune au sein de son réseau, afin de survivre dans le champ associatif devenu très concurrentiel. Comment les fédérations départementales vivent et réagissent à ces mutations alors qu’elles cherchent à maintenir leurs spécificités locales ? Par ailleurs, la professionnalisation et la marchandisation du milieu associatif interrogent ici particulièrement l’engagement et le militantisme des salariés. Qui sont alors ces (nouveaux) militants salariés de la Ligue de l’enseignement ? Comment rejoignent-ils le Mouvement ? Que cherchent-ils dans le salariat associatif ? Comment s’y projettent-ils ? Comment articulent-ils les valeurs qu’ils défendent aux contraintes institutionnelles qui pèsent sur l’association ? L’éducation figure parmi les thématiques majeures de la Ligue de l’enseignement. Les acteurs de l’association militent pour un « apprendre autrement », notamment en valorisant les parcours individuels « atypiques » par la reconnaissance des compétences acquises en dehors de l’école. Néanmoins, les salariés « permanents » interrogés ne présentent pas ces caractéristiques dans la mesure où ils sont souvent diplômés en formation initiale. Par ailleurs, une partie des salariés est constituée de personnels de l’Éducation nationale mis à disposition (puis détachés) au sein de l’association. Ces deux constats interrogent le rapport que les salariés « permanents » entretiennent avec l’école, et plus largement avec l’institution scolaire. Dès lors, les trajectoires biographiques de l’ensemble des enquêtés sont examinées au prisme du rapport à l’école dans la seconde partie de ce travail, articulant l’analyse des entretiens individuels avec des indicateurs statistiques. La thèse défend alors l'idée que les salariés « permanents » investissent la Ligue de l’enseignement dans un processus de « réparation » par rapport à une institution scolaire qui les a bousculés (parcours scolaire avorté, expériences traumatisantes observées ou vécues à l’école, etc.). Ces événements peuvent constituer des dispositions à l’entrée dans le milieu associatif et conduire à militer pour un système éducatif alternatif. Pour autant, les mutations que le milieu associatif connaît ces dernières années tendent à modifier le rapport que les salariés entretiennent également avec leur métier, ainsi que les logiques de recrutement au niveau du réseau.

  • Marx, le capitalisme et les paradoxes de l'économie contemporaine    - Sahali Sehi Armand  -  12 juin 2019

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    Les études récentes sur l'exploitation de l'individu dans le système capitaliste suggèrent une révision fondamentale de son approche. Le choix de la philosophie de Marx s'inscrit dans cette démarche. Sa théorie de l'exploitation, popularisée XIXe depuis le siècle jusqu'à nos jours, semble représenter les marges de son œuvre, plutôt que son noyau. La pertinence de sa critique s'actualise à mesure des mutations du capitalisme. Elle permet de saisir le noyau des paradoxes de l'économie contemporaine selon lequel : « la production capitaliste crée les conditions du bonheur de l'individu, pourtant ces conditions constituent une entrave à sa liberté ». Cette étude réalisée autour des théories économiques de Marx, propose une approche métastructurelle de la critique du capitalisme au XXIe siècle, tout en dégageant des pistes d'émancipation du travail. A ce titre, Marx s'engage dans une perspective réformatrice des principes de liberté et de justice sociale.

  • Mobilités, dynamiques frontalières et intégration sous-régionale en zone CEMAC : le cas des commerçants de Kyé-Ossi    - Mongbet Abêt  -  07 mai 2019

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    La libre circulation en zone CEMAC est un long processus en Afrique centrale qui date de cinq décennies. Les pays membres de cette organisation sont toujours en tractation et font face à d'interminables signatures et accords y afférents. Son manque d'effectivité empêche les citoyens tels les Camerounais de migrer dans la sous-région, en l'occurrence vers le Gabon et la Guinée Equatoriale, très réticents à l'ouverture de leurs frontières aux ressortissants de la CEMAC. Ceux-ci justifient leur posture par une situation socioéconomique qu'ils entendent préserver. Le contexte limitatif rend pertinent le développement de stratégies de mobilité pour les acteurs migrants concernés. Des politiques migratoires contraignantes amènent ainsi les migrants venant du Cameroun à concentrer leur présence à la frontière commune à ces trois pays : Kyé-Ossi. Au fil du temps, cette localité de halte prolongée des migrants a connu une expansion spatiale rythmée par une croissance démographique issue principalement de la migration intérieure ; ce phénomène soutenu par le commerce développe et anime la coopération transfrontalière dans cette partie du monde. Du processus d'intégration fortement ralenti, on assiste ainsi à une dynamique frontalière grâce à l'anthropisation des migrants et aux actions étatiques de territorialisation qui accroissent davantage les mouvements humains vers cette frontière. A partir de Kyé-Ossi vont se développer de nouvelles expériences de migration et de mobilité. Grace à la dynamique familiale et de réseaux créée autour de la frontière, Kyé-Ossi devient une nouvelle base pour des mobilités internationales variées : courtes et longues durées vers le Gabon ou la Guinée Equatoriale, réseau pour l'immigration, zone de transit de longue durée pour une immigration ultérieure, réseau de passage et de chaine d'acteurs marchands pour d'autres camerounais à l'intérieur de ces pays. Les trois frontières se retrouvent ainsi habitées par les camerounais, lieux de vie où on observe une différenciation dans leur expression de citoyenneté en tant que Camerounais et ressortissants de la sous-région CEMAC. La démarche adoptée pour mener cette recherche mobilise un corpus méthodologique s'appuyant sur un travail de terrain initié depuis 2014. Il intègre à la fois des observations directes en contexte d'immersion, des administrations de questionnaires et entretiens auprès de cibles diverses. S'y ajoute un travail d'exploitation de supports écrits tels que les documents scientifiques, administratifs et médiatiques, ainsi que des images satellitaires. Les matériaux obtenus permettent d'interroger et d'apprécier les liens mobilités – dynamique sociospatiale dans un cadre pluri-frontalier – intégration sous-régionale. Elle vérifie l'hypothèse d'ouverture des frontières aux mobilités internationales du fait de la continuité territoriale produite par la dynamique frontalière et mobilitaire.

  • L'évolution de la décoration théâtrale sur les scènes de l'Opéra et de l'Opéra-Comique entre 1914 et 1936    - Bellot Alexandra  -  18 décembre 2018

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    Objet d'étude pluridisciplinaire, la décoration théâtrale est un art éphémère ne vibrant que sous les projecteurs. Au début du XXe siècle, le rôle de l'élément visuel est sensiblement renforcé sur scène. Dans un contexte artistique parisien caractérisé par la variété des formes d'expression, la multitude des influences venant de l'étranger et les questionnements autour des relations possibles entre les arts ; une nouvelle approche de la scène se dessine et un autre regard se porte sur la conception des spectacles et sur la création de leurs éléments constitutifs tels que les décors et les costumes. Ces nouvelles considérations autour de l'esthétique de l'espace scénique mènent à de nouvelles théories et de nouvelles tendances de la décoration théâtrale. Centrée autour des maisons d'opéra parisiennes, notre étude propose une meilleure compréhension du processus de renouvellement de la décoration théâtrale sur les scènes de l'Opéra et de l'Opéra-Comique dans la première moitié du XXe siècle. Vitrines de l'Art français, les deux théâtres entretiennent depuis leur création des relations particulières entre rivalité et complémentarité. Notre thèse porte un éclairage nouveau sur la décoration théâtrale conçue pour les spectacles lyriques du début du XXe siècle en proposant de définir précisément le positionnement de l'Opéra et de l'Opéra-Comique. Par l'analyse de la confrontation entre le traditionalisme assujetti aux deux maisons et les nouvelles aspirations que connaît le monde du Théâtre, notre étude explore tout d'abord les prémices d'un renouveau du décor de scène et met en lumière les principaux acteurs du mouvement. Le recours systématique aux décorateurs professionnels héritiers des dynasties de la fin du XIXe siècle et à la technique du trompe-l'œil sont progressivement abandonnés par les maisons d'opéra. Aussi, de nouveaux collaborateurs du monde du Théâtre, peintres pour la plupart, se trouvent au cœur de la conception des spectacles. Notre thèse ouvre le champ d'étude et examine l'impact des mouvements artistiques venant de l'étranger. Dans une capitale française, siège d'une agitation artistique internationale, les influences et les collaborations avec les artistes étrangers se jouent aussi dans l'art du décor de scène. Le monde du spectacle des années 1920 est marqué par l'empreinte des Ballets russes et les créateurs de décors saisissent pleinement le modèle en l'adaptant aux œuvres et au goût français. Les directeurs de l'Opéra de l'Opéra-Comique secouent hardiment la routine décorative de leur théâtre en s'entourant d'artistes capables d'offrir une autre conception du décor d'opéra en créant des cadres propices au développement d'un nouvel imaginaire. Plus favorable aux expériences novatrices, le décor de ballet offre une grande liberté à ses créateurs. En abordant la question du renouvellement du décor de ballet à l'Opéra et à l'Opéra-Comique, notre thèse révèle leur ligne directrice et examine leur transformation en pôle de création et de modernité chorégraphique. La question du goût est au cœur du dernier volet de notre étude en dévoilant tout d'abord les réactions des maisons d'opéra face au succès du cinéma. Les directeurs des théâtres s'emparent de ses ressources techniques afin de moderniser la mise en scène et d'enrichir les procédés existants. En s'intéressant au rôle scénographique que peut assumer la lumière et au caractère de la projection cinématographique, les théâtres offrent une autre conception de la décoration théâtrale dans laquelle la toile peinte n'est plus exclusive. En s'interrogeant sur l'évolution du goût français, notre thèse offre un éclairage sur les relations entretenues entre les arts décoratifs et les arts de la scène et met en lumière le travail pour la scène des artistes qui conditionnent le goût français des années 1920 et 1930. Enfin l'étude des décors des spectacles des années 1930 cerne les accords et les limites entre le goût du public et les aspirations esthétiques...

  • Enfances du langage et langages de l'enfance. Socialisation plurielle et différenciation sociale de la petite enfance scolarisée    - Montmasson-Michel Fabienne  -  23 novembre 2018

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    À la fin du XXe siècle, l'école maternelle française est devenue l'école du langage pour toute une tranche d'âge, la petite enfance scolaire, afin de réduire les inégalités scolaires devant l'école. Or le langage, tout comme l'enfance, ne sont pas uniques et uniformes car ils sont socialement variables. La thèse interroge le primat du langage à l'école maternelle d'un double point de vue. Comment des enfances socialement différenciées sont-elles saisies par la norme du langage scolaire, un langage inscrit dans la culture écrite ? Quels sont les langages de l'enfance et quels rap-ports entretiennent-ils ? En prenant pour objet les primes socialisations langagières, la thèse étudie la socialisation plurielle et la différenciation sociale de la petite enfance scolarisée. L'analyse socio-historique montre que le primat du langage à l'école maternelle vient d'une attention sociale au jeune enfant. Après s'être portée sur son corps fragile, elle a investi ses productions symboliques, révélées par une « science de l'enfant » ethnocentrique. Progressivement, le jeune enfant devient un « objet culturel ». Au XIXe siècle, ce processus se situe dans les fractions instruites et dominantes de la bourgeoisie et de l'aristocratie, et les femmes de ces milieux investissent la petite enfance. Une première pédagogie du langage s'invente, au moins idéalement, dans l'école maternelle de la IIIe République qui voulait former un citoyen raisonnable. Mais c'est dans la deuxième moitié du XXe siècle que le langage devient une question scolaire, quand le problème social de l'« échec scolaire » surgit avec la massification. Un champ d'intervention professionnelle se constitue et impose des contenus et des pratiques légitimes. Entrepreneur de la littératie précoce, il véhicule les normes pédagogiques et les attentes de la bourgeoisie cultivée autour d'un « client idéal » : une définition élitiste du jeune enfant, qui présuppose son autonomie politique et cognitive. L'enquête ethnographique décrit des primes socialisations plurielles à la rencontre de plusieurs instances et leurs produits socialement différenciés : l'acculturation scolaire, la socialisation entre pairs, les socialisations familiales, la culture matérielle et symbolique de l'enfance (i. e. culture lu-dique et fictionnelle, culture graphique, alphabétique et lectorale, « traditions scolaires », culture légitime). Elle dévoile comment l'inégale distribution de ces produits langagiers structure des rapports sociaux (de classe et de genre) entre enfants au croisement de l'acculturation scolaire et d'un langage entre pairs. Elle reproduit la structure sociale. L'enquête conclut à une reconfigura-tion des fonctions différentielles de l'école maternelle : autour d'un curriculum réel, duquel une partie des milieux populaires est proche, et d'un curriculum caché, secondarisé, présupposant la réflexivité. Celui-ci est l'apanage des milieux dotés en ressources scolaires et l'objet légitime du champ d'intervention professionnelle de la littératie précoce. Finalement, la thèse montre que la priorité accordée au langage à l'école maternelle au nom de la réduction des inégalités scolaires perpétue la domination scolaire. Elle se réalise par la domination pédagogique que les entrepre-neurs et les entrepreneuses de normes exercent sur les agents des primes socialisations.

  • Fonder la philosophie. Essai sur les aspects logiques et systématiques de la théorie hégélienne de la fondation    - Béguin Victor  -  23 novembre 2018

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    L'objectif de cette thèse est d'interroger la manière dont Hegel conçoit la fondation absolue de la philosophie, c'est-à-dire la manière dont la philosophie fournit, à l'intérieur d'elle-même, la justification intégrale de la vérité absolue de son discours, justification qui, d'après Hegel, la caractérise en propre. Pour ce faire, après avoir brièvement replacé, à titre introductif, cette tentative hégélienne dans le cadre de la problématique de la fondation de la philosophie propre à la philosophie post-kantienne, nous étudions d'abord la manière dont Hegel rend compte de la genèse historique de l'exigence d'une auto-fondation absolue de la philosophie dans ses Leçons sur l'histoire de la philosophie, qui s'avèrent un espace hybride de position des problèmes philosophiques, à la fois historiquement donnés et toujours déjà philosophiquement construits. Nous interrogeons ensuite, à partir de la Doctrine de l'essence, le concept logique de fondement (Grund) dans ses tensions propres, pour montrer qu'il dégage l'espace des problèmes posés par la notion de fondation sans pouvoir leur apporter par lui-même une solution définitive : cette dernière nous paraît bien plutôt énoncée dans la Doctrine du concept, dont le mouvement d'ensemble (concept subjectif, objectivité, idée) fait l'objet d'une lecture permettant d'y faire ressortir à la fois l'Aufhebung interne du fondement et l'émergence de la notion d'auto-fondation, qui apparaît in fine dans la définition de l'idée comme processus de « développement progressif » et « fondation régressive » de soi. La fondation est alors définie comme un processus consistant à rendre raison de soi dans ses manifestations, ce que nous interprétons comme rupture avec le concept de fondement hérité de la métaphysique d'entendement, dont la logique hégélienne produit l'Aufhebung. L'idée ayant été ainsi définie, de manière formelle, comme processus de rendre raison de soi, nous étudions, dans une troisième partie, la manière dont la philosophie de la nature et la philosophie de l'esprit concourent au processus d'auto-fondation réelle de l'idée, c'est-à-dire, en dernière instance, à son effectuation comme esprit absolu ; à cette occasion, nous étudions plusieurs occurrences significatives de la notion de fondement dans la Realphilosophie, ainsi que le rapport du discours philosophique aux réalités dont il traite (rapport que Hegel nous semble prendre soin de distinguer d'une justification extérieure). Une quatrième partie vient alors étudier la manière dont la philosophie se pense elle-même comme fondation systématique de sa propre vérité : on soulève la question de savoir si le système a besoin d'un fondement externe pour garantir sa vérité (fondement que certains interprètes ont pu trouver dans la Phénoménologie de l'esprit ou dans l'histoire de la philosophie), et on étudie les syllogismes finaux de l'Encyclopédie pour y lire une réflexion de la philosophie sur sa propre fondation systématique. La thèse que nous soutenons au terme de ce parcours est que le profond remaniement spéculatif du concept de fondement qui aboutit à l'idée d'une autofondation au sens de « rendre raison de soi » (en rupture donc avec tout principe ou fondement réel ou formel tel qu'on en rencontre dans l'histoire de la philosophie), converge avec une redéfinition de la philosophie comme savoir rendant absolument raison de sa propre vérité, et même, au sens strict, ne fondant que sa propre vérité comme système, ce qui lui permet en même temps de libérer le sens vrai des objets qu'il parcourt et ordonne dans son déploiement systématique.

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