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19 - Sociologie, démographie

Les thèses se rapportant à la section CNU "19 - Sociologie, démographie"

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  • "Sauver l'honneur". Appartenances et respectabilités populaires en milieu rural    - Coquard Benoit  -  25 novembre 2016

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    Cette thèse entreprend une sociologie des styles de vie et rapports au monde des jeunes de classes populaires rurales. Dans un territoire essentiellement composé d'ouvrier et d'employés, soumis à un fort déclin démographique, elle interroge la reproduction sociale des classes populaires locales, ainsi que la sociabilité quotidienne de jeunes femmes et hommes âgés d'entre 20 et 35 ans environ. La thèse se focalise sur une génération locale, en revenant sur la socialisation juvénile au bourg, puis sur la dispersion des jeunes au gré des différentes trajectoires scolaires et donc migratoires. Ensuite, il s'agit de comprendre les logiques de distinction et de reconnaissance à l'œuvre au sein du large groupe d'interconnaissance des jeunes restés vivre au bourg enquêté. La prise en compte de la dimension genrée des sociabilités est ici essentielle. Les hommes deviennent des hommes de façon plus collective, publique et valorisée, tandis que les femmes sont davantage au second plan dans les groupes d'amis. Plus encore, en accédant à l'intérieur des foyers et à la vie des « bandes de potes », l'enquête par observation permet de retraduire les préoccupations quotidiennes des jeunes ruraux, soucieux d'être reconnus dans une interconnaissance où la réputation est pour beaucoup un soucis permanent. Dès lors, dans un contexte où les structures d'encadrement des classes populaires se disloquent, le fait d'avoir des amis « sur qui compter » est essentiel, tant sur le plan de la respectabilité, que pour s'insérer concrètement sur les marché matrimonial et professionnel.

  • D'improbables ouvriers ? Les ouvriers d'industrie poitevins, entre dissolution et recomposition des collectifs    - Aunis Émilie  -  16 mai 2014

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    Les ouvriers de l'industrie, largement étudiés par la sociologie puis peu à peu délaissés au profit d'autres catégories du salariat, méritent pourtant qu'on porte à nouveau le regard sur eux. D'une part parce que les transformations du monde industriel et les récurrentes fermetures d'usine impactent les manières d'être au travail. D'autre part, parce qu'ils ont longtemps été observés dans des bastions industriels. Or la communauté d'agglomération poitevine présente la spécificité d'être largement sous-industrialisée. La singularité des ouvriers poitevins mérite d'être interrogée, sous l'angle de l'appréciation du travail et sur le plan de l'action collective. La recherche a porté sur quatre usines localement implantées : Michelin, Sagem, Saft, Schneider Electric. L'usine étant à la fois lieu de travail et de socialisation, elle modèle et façonne les manières d'être et de faire de ses ouvriers de sorte qu'être ouvrier chez Michelin, ce n'est pas tout à fait la même chose que d'être ouvrier chez Schneider, à la Saft ou à la Sagem. A cette première ligne de partage s'en ajoutent d'autres : affaiblissement des collectifs à l'aune des transformations de l'organisation du travail, clivages générationnels, appréhensions différenciées du travail et de l'emploi. L'érosion des collectifs a pour conséquence de rendre improbables les mobilisations. Pourtant, elles émergent çà et là, prenant des formes différentes selon les contextes. Tout porte ainsi à croire que le contexte grandissant de précarisation peut contre toute attente faire renaître les mobilisations salariales à l'aune de configurations spécifiques. L'ouvrier poitevin est-il un ouvrier contestataire ou un salarié ordinaire ?

  • Des amphis d’apprentis. Genèses, structurations et composition sociale des formations en apprentissage dans l’enseignement supérieur    - Pierrel Arnaud  -  07 décembre 2020

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    Cette thèse de sociologie interroge le développement des formations en apprentissage dans l’enseignement supérieur. Cantonné à la préparation des CAP jusqu'en 1987, ce mode de formation a connu depuis lors une "aspiration vers le haut", de telle sorte qu'à la fin des années 2010 près de quatre apprentis sur dix préparent un diplôme de l'enseignement supérieur. Cette implantation progressive de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur remodèle les contours de celui-là tout autant qu'elle constitue un miroir grossissant des recompositions qui affectent celui-ci : hausse du taux d’accès sous régime de démocratisation ségrégative, contraintes de financement, injonction à la professionnalisation des formations et nouvelles formes de sélection à l'entrée de ces dernières. S'appuyant sur des matériaux d'archives, statistiques et ethnographiques, cette thèse montre que le développement de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur constitue un poste d'observation privilégié de la production et de la perception des différentes composantes de la valeur des diplômes. Par extension, sont analysées les sources et formes de l’hétéronomie relative du monde académique, dimension souvent oubliée au profit de son pendant autonome. La mise en évidence de la pluralité de la valeur des diplômes et de l'hétéronomie relative s'effectue en trois temps, constituant autant d'étapes méthodologiques d'une étude globale des formations en apprentissage de l'enseignement supérieur. La première partie explique, dans une perspective sociohistorique, comment l'apprentissage "arrive" dans l'enseignement supérieur avec, dans ses bagages, son passé de mode de formation associé à la qualification ouvrière, le remodelage progressif de la morphologie apprentie consécutif de cette arrivée et la ramification de l'offre de places qui sous-tend le développement du mode de formation. La deuxième partie rend compte, à l'échelle des établissements, de la diversité des formes institutionnelles que revêtent les centres de formation d'apprentis, leurs positions au sein de l'espace de l'enseignement supérieur et les rapports d'homologie entre ces positions et celles occupées sur le marché de la collecte de la taxe d'apprentissage, source financière au cœur de leur fonctionnement. Une fois mises au jour les logiques d'appropriation du mode de formation et les configurations institutionnelles dans lesquelles il est pris, la troisième partie donne à voir qui sont les apprentis de l'enseignement supérieur, d'abord comme groupe construit par ses modalités de recrutement, puis comparativement aux étudiants sous statut scolaire et enfin eu égard à leur spécificité d'être préclassés dans les rapports sociaux de production.

  • Des instituteurs aux managers de l'éducation populaire. Étude des trajectoires de salariés « permanents » de la ligue de l'enseignement    - Prat Isabelle  -  19 novembre 2019

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    Cette recherche vise à saisir les parcours de salariés « permanents » inscrits dans un mouvement d’éducation populaire, à travers l’étude d’une association : la Ligue de l’enseignement. Créée en 1866, elle s’est structurée au fil de son histoire en confédération d’associations avec une instance nationale et des antennes locales. À l’instar du monde associatif de manière plus générale, elle connaît de nombreuses transformations institutionnelles depuis les années 1980, qui sont étudiées dans la première partie de ce travail. L’évolution des financements publics, la baisse des subventions ou encore la fragilité financière des fédérations départementales sont autant de caractéristiques qui marquent le réseau de la Ligue de l’enseignement. De ce fait, des logiques d’homogénéisation des pratiques professionnelles sont mises en place par l’échelon national dans le but de fabriquer une socialisation commune au sein de son réseau, afin de survivre dans le champ associatif devenu très concurrentiel. Comment les fédérations départementales vivent et réagissent à ces mutations alors qu’elles cherchent à maintenir leurs spécificités locales ? Par ailleurs, la professionnalisation et la marchandisation du milieu associatif interrogent ici particulièrement l’engagement et le militantisme des salariés. Qui sont alors ces (nouveaux) militants salariés de la Ligue de l’enseignement ? Comment rejoignent-ils le Mouvement ? Que cherchent-ils dans le salariat associatif ? Comment s’y projettent-ils ? Comment articulent-ils les valeurs qu’ils défendent aux contraintes institutionnelles qui pèsent sur l’association ? L’éducation figure parmi les thématiques majeures de la Ligue de l’enseignement. Les acteurs de l’association militent pour un « apprendre autrement », notamment en valorisant les parcours individuels « atypiques » par la reconnaissance des compétences acquises en dehors de l’école. Néanmoins, les salariés « permanents » interrogés ne présentent pas ces caractéristiques dans la mesure où ils sont souvent diplômés en formation initiale. Par ailleurs, une partie des salariés est constituée de personnels de l’Éducation nationale mis à disposition (puis détachés) au sein de l’association. Ces deux constats interrogent le rapport que les salariés « permanents » entretiennent avec l’école, et plus largement avec l’institution scolaire. Dès lors, les trajectoires biographiques de l’ensemble des enquêtés sont examinées au prisme du rapport à l’école dans la seconde partie de ce travail, articulant l’analyse des entretiens individuels avec des indicateurs statistiques. La thèse défend alors l'idée que les salariés « permanents » investissent la Ligue de l’enseignement dans un processus de « réparation » par rapport à une institution scolaire qui les a bousculés (parcours scolaire avorté, expériences traumatisantes observées ou vécues à l’école, etc.). Ces événements peuvent constituer des dispositions à l’entrée dans le milieu associatif et conduire à militer pour un système éducatif alternatif. Pour autant, les mutations que le milieu associatif connaît ces dernières années tendent à modifier le rapport que les salariés entretiennent également avec leur métier, ainsi que les logiques de recrutement au niveau du réseau.

  • Des migrants d'origine subsaharienne dans les travaux agricoles saisonniers en France : exploitation, résistances, solidarités    - Diallo Ibrahima  -  16 décembre 2020

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    Depuis 1990, des migrants venus d'Europe orientale et d'Afrique, parfois en situation irrégulière, mais aussi étudiants d'origine étrangère ou travailleurs migrants, répondent à une demande de main-d'oeuvre dans des secteurs d'activités qualifiés de 3D (dirty, demanding and dangerous) tels que l'agriculture, le bâtiment ou la confection (Réa et Tripier, 2003). Une "immigration en chaîne" se met alors en place, qui s'appuie sur les réseaux ethniques. C'est dans ce contexte d'une "immigration en chaîne", voire d'une immigration d'installation, que s'inscrit la présence des migrants issus d'Afrique subsaharienne dans le secteur des travaux agricoles saisonniers. Mais qui sont ces migrants ? Comment accèdent-ils aux travaux agricoles saisonniers ? Quelles sont les relations qui les lient à leurs employeurs ? Quelles relations entretiennent-ils entre eux ? Cet ensemble de questions repose finalement sur une seule : comment les enjeux de confiance et de défiance affectent-ils les relations entre les différents protagonistes ? Cette thèse a donc pris pour objet d'étude les travailleurs agricoles saisonniers issus d'Afrique subsaharienne. Elle montre, d'une part, comment confiance et défiance impactent les relations entre les saisonniers subsahariens et leurs employeurs et, d'autre part, comment les contours des relations sociales internes sont dessinées par les mécaniques de la solidarité. Cerner les rapports sociaux en jeu dans le contexte des travaux agricoles saisonniers a nécessité de construire cette recherche à partir d'une enquête à caractère ethnographique conduite en trois lieux distincts : en Champagne (vignes), en Bretagne (haricots cocos de Paimpol) et dans le Poitou (melons). Le terrain s'est étendu tant aux lieux d'exercice du travail des saisonniers subsahariens qu'aux logements ou espaces de vie dans lesquels ces travailleurs se meuvent. Divers matériaux d'enquête ont ainsi été mobilisés dans le cadre d'une observation participante : entretiens, photographies et notes consignées dans notre journal de terrain.

  • Devenir un professionnel de la solidarité internationale : de l'apprentissage du métier de chargé de projets à la confrontation à un milieu professionnel sélectif    - Ribéraud Vonnick  -  11 décembre 2013

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    Cette thèse a pour objectif d'analyser le processus d'entrée ou de tentative d'entrée de jeunes adultes dans le milieu de la solidarité internationale et plus spécifiquement dans le métier de chargé de projets, ainsi que les raisons qui les poussent à s'orienter vers ce secteur. Dans cette recherche, il est à la fois question de leur socialisation au sein de formations, de leurs trajectoires biographiques et des parcours menant à leur insertion professionnelle mais aussi de la nature de leur engagement, de leur rapport au travail ainsi que de leur rapport "à l'autre lointain". Un travail d'enquête quantitatif et qualitatif a été réalisé auprès de l'ensemble des étudiants et des anciens étudiants d'une formation universitaire professionnalisante en sciences humaines de niveau II d'une ville importante de province. Ce terrain principal a été complété par l'analyse de dispositifs permettant aux jeunes adultes de s'engager dans la solidarité internationale, d'offres d'emploi proposés par les associations de solidarité internationale, de la littérature grise et de discours de professionnels bien implantés dans ce milieu et intervenant, pour beaucoup, dans des formations préparant à ce métier. À l'aune de l'histoire et de la structuration du champ, du marché du travail et de la conception idéale des pratiques professionnelles, cette recherche montre comment la segmentation et la fermeture de ce milieu conduit, une part importante de la population étudiée, in fine, à un processus de désillusion, de désaffection puis de reclassement, ou d'ajustement.

  • Enfances du langage et langages de l'enfance. Socialisation plurielle et différenciation sociale de la petite enfance scolarisée    - Montmasson-Michel Fabienne  -  23 novembre 2018

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    À la fin du XXe siècle, l'école maternelle française est devenue l'école du langage pour toute une tranche d'âge, la petite enfance scolaire, afin de réduire les inégalités scolaires devant l'école. Or le langage, tout comme l'enfance, ne sont pas uniques et uniformes car ils sont socialement variables. La thèse interroge le primat du langage à l'école maternelle d'un double point de vue. Comment des enfances socialement différenciées sont-elles saisies par la norme du langage scolaire, un langage inscrit dans la culture écrite ? Quels sont les langages de l'enfance et quels rap-ports entretiennent-ils ? En prenant pour objet les primes socialisations langagières, la thèse étudie la socialisation plurielle et la différenciation sociale de la petite enfance scolarisée. L'analyse socio-historique montre que le primat du langage à l'école maternelle vient d'une attention sociale au jeune enfant. Après s'être portée sur son corps fragile, elle a investi ses productions symboliques, révélées par une « science de l'enfant » ethnocentrique. Progressivement, le jeune enfant devient un « objet culturel ». Au XIXe siècle, ce processus se situe dans les fractions instruites et dominantes de la bourgeoisie et de l'aristocratie, et les femmes de ces milieux investissent la petite enfance. Une première pédagogie du langage s'invente, au moins idéalement, dans l'école maternelle de la IIIe République qui voulait former un citoyen raisonnable. Mais c'est dans la deuxième moitié du XXe siècle que le langage devient une question scolaire, quand le problème social de l'« échec scolaire » surgit avec la massification. Un champ d'intervention professionnelle se constitue et impose des contenus et des pratiques légitimes. Entrepreneur de la littératie précoce, il véhicule les normes pédagogiques et les attentes de la bourgeoisie cultivée autour d'un « client idéal » : une définition élitiste du jeune enfant, qui présuppose son autonomie politique et cognitive. L'enquête ethnographique décrit des primes socialisations plurielles à la rencontre de plusieurs instances et leurs produits socialement différenciés : l'acculturation scolaire, la socialisation entre pairs, les socialisations familiales, la culture matérielle et symbolique de l'enfance (i. e. culture lu-dique et fictionnelle, culture graphique, alphabétique et lectorale, « traditions scolaires », culture légitime). Elle dévoile comment l'inégale distribution de ces produits langagiers structure des rapports sociaux (de classe et de genre) entre enfants au croisement de l'acculturation scolaire et d'un langage entre pairs. Elle reproduit la structure sociale. L'enquête conclut à une reconfigura-tion des fonctions différentielles de l'école maternelle : autour d'un curriculum réel, duquel une partie des milieux populaires est proche, et d'un curriculum caché, secondarisé, présupposant la réflexivité. Celui-ci est l'apanage des milieux dotés en ressources scolaires et l'objet légitime du champ d'intervention professionnelle de la littératie précoce. Finalement, la thèse montre que la priorité accordée au langage à l'école maternelle au nom de la réduction des inégalités scolaires perpétue la domination scolaire. Elle se réalise par la domination pédagogique que les entrepre-neurs et les entrepreneuses de normes exercent sur les agents des primes socialisations.

  • Image des villes : de l'image officielle aux perceptions habitantes : étude comparée de Poitiers et de la Rochelle    - Le Minor Loïc  -  15 janvier 2005

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    En engageant une étude comparative sur une trentaine d'années entre Poitiers et La Rochelle, nous avons cherché à évaluer la concordance entre l'image officielle diffusée par les municipalités et les perceptions habitantes. Dans un premier temps, nous avons mis au jour les mécanismes différenciés de construction d'une image de marque par les producteurs d'espace. Il apparaît que la singularité de chaque ville passe moins par les thématiques abordées que par la manière dont elles sont traitées et communiquées. Dans un second temps, nous avons approché les représentations des habitants pour apercevoir leur proximité avec le discours institutionnel.

  • La carte scolaire à l'école primaire. Analyse de ses mises en œuvre    - Florentin Michel  -  11 décembre 2015

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    Cette thèse porte sur la fabrication, la mise en œuvre et les usages de la carte scolaire dans le premier degré. Bien que de très nombreux travaux de recherche existent déjà dans ce secteur éducatif, l'enjeu est d'étudier ce dispositif scolaire spécifiquement au sein des écoles primaires publiques à partir d'une démarche d'observation sur plusieurs terrains pour privilégier une approche globale. L'objet « carte scolaire » traité se situe à la croisée de la définition de la sectorisation, de la gestion des postes d'enseignants, des moyens distribués aux écoles, mais aussi de l'analyse des comportements des familles et plus largement des pratiques des acteurs chargés de l'action publique, sous oublier les effets spécifiques des instruments sollicités dans le cadre de sa mise en œuvre pratique. Questionner la carte scolaire dans sa globalité revient à prendre en compte des liens entre des logiques sociales et institutionnelles. La première hypothèse consiste alors à mieux comprendre précisément les mécanismes de mise en œuvre de cette carte scolaire, à partir des stratégies scolaires (les actions), de l'intervention des différents groupes sociaux (les acteurs), et des instruments mobilisés (l'instrumentation). Au-delà des aspects gestionnaires ou capacitaires de répartition des flux d'élèves et d'attribution de moyens aux écoles, la deuxième hypothèse considère que la carte scolaire est traversée par des enjeux sur les conditions différenciées d'accès à des biens éducatifs contrastés, avec une approche sur les inégalités liées aux stratégies scolaires, à la mixité sociale des écoles et à une offre scolaire hiérarchisée. Du point de vue méthodologique, cette thèse s'appuie sur une démarche qualitative et privilégie l'observation participante incognito : le corpus se compose de nombreux entretiens anonymes puis de suivis de réunions institutionnelles sur plusieurs lieux stratégiques en raison de la grande diversité de situations de carte scolaire, complétés par l'analyse de documents administratifs et de littérature grise sur le sujet. Les deux premiers chapitres permettent de préciser le contexte socio-historique d'émergence de cette carte scolaire dans l'enseignement primaire public puis de poser un outil d'analyse de ses différentes composantes en identifiant les catégories d'acteurs en présence comme les élus locaux, les familles, les enseignants, les agents de l'Inspection académique et leur cadre de socialisation dans ce dispositif. Les chapitres 4, 5 et 6 portent l'analyse sur des observations de terrains pour suivre la fabrication d'une carte scolaire tout au long de l'année scolaire 2007-2008, à l'échelle d'une ville de 10 000 habitants et plus particulièrement au sein d'un tissu scolaire de huit écoles dont une privée et de deux collèges publics auxquels s'en rajoute un autre sous contrat d'association. Le choix d'inclure le second degré dans cette recherche repose sur les liens et la « perméabilité » des deux segments scolaires notamment lors du changement de cycle entre le CM2 et la 6ème. Cette charnière scolaire constitue une opportunité de choix pour les familles lors de l'inscription de leur enfant dans un nouvel établissement. Il s'agit alors de suivre la démarche de la municipalité pour organiser la rentrée scolaire en redéfinissant la sectorisation au regard d'une baisse démographique importante et de difficultés pour optimiser les conditions d'accueils dans les écoles. Les observations portent aussi sur l'action bureaucratique qui consiste à concevoir la répartition des ressources publiques en termes de postes et de personnels. La sectorisation et la gestion des classes sont au cœur de cette étude mais la question du contournement de cette règle d'affectation par les familles et le recours publiquement autorisé aux dérogations individuelles s'invitent dans cette recherche avec une perspective sur les inégalités scolaires.

  • La fabrique du réfugié à l'Ofpra (1952-1992) : du consulat des réfugiés à l'administration des demandeurs d'asile    - Akoka Karen  -  20 décembre 2012

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    Cette thèse revient sur quarante ans de « fabrication » des réfugiés par l'Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (Ofpra) depuis sa création en 1952, où il s'apparente à un consulat pour les réfugiés, jusqu'en 1992, où s'achève sa reconfiguration en administration des demandeurs d'asile. Elle retrace ce faisant la carrière et la trajectoire de la catégorie d'intervention publique du réfugié. Au cours de cette période, la question de l'asile est en effet reformulée en passant du « problème » des réfugiés, à celui des demandeurs d'asile, désignant à chaque fois une catégorie cible à destination de laquelle l'action publique s'oriente en guise de solution. Cette thèse qui appréhende la catégorie de réfugié à partir de ses usages montre qu'il n'y a pas de réfugié « naturel », auquel correspondraient ou non les candidats à l'asile, de la même manière que la Convention de Genève ou la loi sur la création de l'Ofpra ne peuvent être considérées comme des textes neutres qui seraient applicables de façon objective si tant est que les institutions chargées de le faire soient indépendantes. Politiquement et historiquement situés, ces textes n'en sont pas moins des textes flous pouvant être interprétés de manière différente selon les besoins et les périodes. La recherche menée fait ainsi apparaître une catégorie de réfugié qui se reconfigure avec les transformations de l'institution chargée de l'attribuer : celles du profil et des trajectoires sociales de ses agents, de leurs pratiques et des dispositifs organisationnels qui les encadrent, eux-mêmes articulés à des politiques publiques spécifiques...

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