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19 - Sociologie, démographie

Les thèses se rapportant à la section CNU "19 - Sociologie, démographie"

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  • Des amphis d’apprentis. Genèses, structurations et composition sociale des formations en apprentissage dans l’enseignement supérieur    - Pierrel Arnaud  -  07 décembre 2020

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    Cette thèse de sociologie interroge le développement des formations en apprentissage dans l’enseignement supérieur. Cantonné à la préparation des CAP jusqu'en 1987, ce mode de formation a connu depuis lors une "aspiration vers le haut", de telle sorte qu'à la fin des années 2010 près de quatre apprentis sur dix préparent un diplôme de l'enseignement supérieur. Cette implantation progressive de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur remodèle les contours de celui-là tout autant qu'elle constitue un miroir grossissant des recompositions qui affectent celui-ci : hausse du taux d’accès sous régime de démocratisation ségrégative, contraintes de financement, injonction à la professionnalisation des formations et nouvelles formes de sélection à l'entrée de ces dernières. S'appuyant sur des matériaux d'archives, statistiques et ethnographiques, cette thèse montre que le développement de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur constitue un poste d'observation privilégié de la production et de la perception des différentes composantes de la valeur des diplômes. Par extension, sont analysées les sources et formes de l’hétéronomie relative du monde académique, dimension souvent oubliée au profit de son pendant autonome. La mise en évidence de la pluralité de la valeur des diplômes et de l'hétéronomie relative s'effectue en trois temps, constituant autant d'étapes méthodologiques d'une étude globale des formations en apprentissage de l'enseignement supérieur. La première partie explique, dans une perspective sociohistorique, comment l'apprentissage "arrive" dans l'enseignement supérieur avec, dans ses bagages, son passé de mode de formation associé à la qualification ouvrière, le remodelage progressif de la morphologie apprentie consécutif de cette arrivée et la ramification de l'offre de places qui sous-tend le développement du mode de formation. La deuxième partie rend compte, à l'échelle des établissements, de la diversité des formes institutionnelles que revêtent les centres de formation d'apprentis, leurs positions au sein de l'espace de l'enseignement supérieur et les rapports d'homologie entre ces positions et celles occupées sur le marché de la collecte de la taxe d'apprentissage, source financière au cœur de leur fonctionnement. Une fois mises au jour les logiques d'appropriation du mode de formation et les configurations institutionnelles dans lesquelles il est pris, la troisième partie donne à voir qui sont les apprentis de l'enseignement supérieur, d'abord comme groupe construit par ses modalités de recrutement, puis comparativement aux étudiants sous statut scolaire et enfin eu égard à leur spécificité d'être préclassés dans les rapports sociaux de production.

  • Des instituteurs aux managers de l'éducation populaire. Étude des trajectoires de salariés « permanents » de la ligue de l'enseignement    - Prat Isabelle  -  19 novembre 2019

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    Cette recherche vise à saisir les parcours de salariés « permanents » inscrits dans un mouvement d’éducation populaire, à travers l’étude d’une association : la Ligue de l’enseignement. Créée en 1866, elle s’est structurée au fil de son histoire en confédération d’associations avec une instance nationale et des antennes locales. À l’instar du monde associatif de manière plus générale, elle connaît de nombreuses transformations institutionnelles depuis les années 1980, qui sont étudiées dans la première partie de ce travail. L’évolution des financements publics, la baisse des subventions ou encore la fragilité financière des fédérations départementales sont autant de caractéristiques qui marquent le réseau de la Ligue de l’enseignement. De ce fait, des logiques d’homogénéisation des pratiques professionnelles sont mises en place par l’échelon national dans le but de fabriquer une socialisation commune au sein de son réseau, afin de survivre dans le champ associatif devenu très concurrentiel. Comment les fédérations départementales vivent et réagissent à ces mutations alors qu’elles cherchent à maintenir leurs spécificités locales ? Par ailleurs, la professionnalisation et la marchandisation du milieu associatif interrogent ici particulièrement l’engagement et le militantisme des salariés. Qui sont alors ces (nouveaux) militants salariés de la Ligue de l’enseignement ? Comment rejoignent-ils le Mouvement ? Que cherchent-ils dans le salariat associatif ? Comment s’y projettent-ils ? Comment articulent-ils les valeurs qu’ils défendent aux contraintes institutionnelles qui pèsent sur l’association ? L’éducation figure parmi les thématiques majeures de la Ligue de l’enseignement. Les acteurs de l’association militent pour un « apprendre autrement », notamment en valorisant les parcours individuels « atypiques » par la reconnaissance des compétences acquises en dehors de l’école. Néanmoins, les salariés « permanents » interrogés ne présentent pas ces caractéristiques dans la mesure où ils sont souvent diplômés en formation initiale. Par ailleurs, une partie des salariés est constituée de personnels de l’Éducation nationale mis à disposition (puis détachés) au sein de l’association. Ces deux constats interrogent le rapport que les salariés « permanents » entretiennent avec l’école, et plus largement avec l’institution scolaire. Dès lors, les trajectoires biographiques de l’ensemble des enquêtés sont examinées au prisme du rapport à l’école dans la seconde partie de ce travail, articulant l’analyse des entretiens individuels avec des indicateurs statistiques. La thèse défend alors l'idée que les salariés « permanents » investissent la Ligue de l’enseignement dans un processus de « réparation » par rapport à une institution scolaire qui les a bousculés (parcours scolaire avorté, expériences traumatisantes observées ou vécues à l’école, etc.). Ces événements peuvent constituer des dispositions à l’entrée dans le milieu associatif et conduire à militer pour un système éducatif alternatif. Pour autant, les mutations que le milieu associatif connaît ces dernières années tendent à modifier le rapport que les salariés entretiennent également avec leur métier, ainsi que les logiques de recrutement au niveau du réseau.

  • Réussir ses TPE. Une sociologie de la domination scolaire et culturelle au sein des dispositifs pédagogiques du lycée    - Vaquero Stéphane  -  05 avril 2019

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    À travers l'analyse monographique du dispositif des Travaux personnels encadrés (TPE) dans un lycée général durant deux années scolaires, cette thèse interroge le rôle des dispositifs pédagogiques dits "horizontaux", fondés sur le recours à la vie extra-scolaire, dans le renouvellement des inégalités et formes de domination scolaire et culturelle à l'école. Ces dispositifs invitent les élèves à réaliser, en groupe et sur cinq mois, une production sur un sujet libre (fait scientifique, actualité, références culturelles extra-scolaires par exemple), croisant au moins deux disciplines. Ils sont accompagnés par des enseignants deux heures par semaine et il s'agit d'une épreuve anticipée du baccalauréat. Un discours scolaire sur des objets non scolaires. L'observation des séances montre que ce dispositif est un lieu de confrontation entre différentes manières de voir et de dire le monde : entre élèves plus ou moins proches de la norme sociale d'une part, mais aussi entre les élèves et les enseignants qui leur donnent des idées et qui les jugent, voire entre enseignants eux-mêmes, qui se retrouvent à travailler en équipe dans ces dispositifs interdisciplinaires. Ces dispositifs sont marqués par leur ambivalence : d'un côté ils affichent la volonté de lutter contre l'"arbitraire culturel", l'"académisme" disciplinaire; de l'autre, ils ont vocation, explicitement ou implicitement, à transmettre des dispositions scolairement conformes et professionnellement rentables, qu'elles soient cognitives, langagières, culturelles ou politiques. En ce sens, ces dispositifs sont un terrain d'enquête privilégié pour comprendre comment les dispositions professorales, appréhendées à travers les trajectoires biographiques des enseignants, se transforment en catégories de jugement scolaire et comment elles participent, par la volonté même de limiter les effets de l'arbitraire culturel, en une forme renouvelée de domination scolaire fondée sur l'injonction à la singularité, à l'originalité et à l'éclectisme culturel. Cette thèse questionne, de manière plus structurelle, les effets scolaires et sociaux de l'ensemble des dispositifs produits par les réformes de l'enseignement secondaire qui accompagnent, depuis 1989, la "montée des dispositifs" pour reprendre l'expression utilisée par Anne Barrère et qui sont fondés sur des principes similaires aux TPE : Itinéraires de découverte (IDD), Enseignements pratiques interdisciplinaire (EPI), accompagnement personnalisé ou enseignements d'exploration.

  • Enfances du langage et langages de l'enfance. Socialisation plurielle et différenciation sociale de la petite enfance scolarisée    - Montmasson-Michel Fabienne  -  23 novembre 2018

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    À la fin du XXe siècle, l'école maternelle française est devenue l'école du langage pour toute une tranche d'âge, la petite enfance scolaire, afin de réduire les inégalités scolaires devant l'école. Or le langage, tout comme l'enfance, ne sont pas uniques et uniformes car ils sont socialement variables. La thèse interroge le primat du langage à l'école maternelle d'un double point de vue. Comment des enfances socialement différenciées sont-elles saisies par la norme du langage scolaire, un langage inscrit dans la culture écrite ? Quels sont les langages de l'enfance et quels rap-ports entretiennent-ils ? En prenant pour objet les primes socialisations langagières, la thèse étudie la socialisation plurielle et la différenciation sociale de la petite enfance scolarisée. L'analyse socio-historique montre que le primat du langage à l'école maternelle vient d'une attention sociale au jeune enfant. Après s'être portée sur son corps fragile, elle a investi ses productions symboliques, révélées par une « science de l'enfant » ethnocentrique. Progressivement, le jeune enfant devient un « objet culturel ». Au XIXe siècle, ce processus se situe dans les fractions instruites et dominantes de la bourgeoisie et de l'aristocratie, et les femmes de ces milieux investissent la petite enfance. Une première pédagogie du langage s'invente, au moins idéalement, dans l'école maternelle de la IIIe République qui voulait former un citoyen raisonnable. Mais c'est dans la deuxième moitié du XXe siècle que le langage devient une question scolaire, quand le problème social de l'« échec scolaire » surgit avec la massification. Un champ d'intervention professionnelle se constitue et impose des contenus et des pratiques légitimes. Entrepreneur de la littératie précoce, il véhicule les normes pédagogiques et les attentes de la bourgeoisie cultivée autour d'un « client idéal » : une définition élitiste du jeune enfant, qui présuppose son autonomie politique et cognitive. L'enquête ethnographique décrit des primes socialisations plurielles à la rencontre de plusieurs instances et leurs produits socialement différenciés : l'acculturation scolaire, la socialisation entre pairs, les socialisations familiales, la culture matérielle et symbolique de l'enfance (i. e. culture lu-dique et fictionnelle, culture graphique, alphabétique et lectorale, « traditions scolaires », culture légitime). Elle dévoile comment l'inégale distribution de ces produits langagiers structure des rapports sociaux (de classe et de genre) entre enfants au croisement de l'acculturation scolaire et d'un langage entre pairs. Elle reproduit la structure sociale. L'enquête conclut à une reconfigura-tion des fonctions différentielles de l'école maternelle : autour d'un curriculum réel, duquel une partie des milieux populaires est proche, et d'un curriculum caché, secondarisé, présupposant la réflexivité. Celui-ci est l'apanage des milieux dotés en ressources scolaires et l'objet légitime du champ d'intervention professionnelle de la littératie précoce. Finalement, la thèse montre que la priorité accordée au langage à l'école maternelle au nom de la réduction des inégalités scolaires perpétue la domination scolaire. Elle se réalise par la domination pédagogique que les entrepre-neurs et les entrepreneuses de normes exercent sur les agents des primes socialisations.

  • Militer pour la décroissance : De l'émergence d'une idéologie à sa mise en pratique    - Mège Arnaud  -  01 décembre 2016

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    Né au début des années 2000, le militantisme pour la décroissance est une forme d'engagement revendiquée par celles et ceux qui cherchent à rompre avec les logiques de la croissance économique. Partant du principe qu'une croissance infinie n'est pas possible dans un monde fini, les militants décroissantistes se positionnent en rupture vis-à-vis des injonctions à consommer formulées par l'ensemble des promoteurs de la « société de consommation ». Prenant ses racines dans la production intellectuelle émise par les anticonformistes des années 1930 et à leur suite les écologistes de la « première heure » et autres opposants à la « société de consommation », l'engagement pour la décroissance trouve aujourd'hui à s'exprimer au travers de groupements militants variés, du parti politique labellisé au collectif local le plus informel. Mais, quand bien même ces espaces sont à appréhender comme des lieux où il devient possible de militer, c'est davantage dans l'incarnation d'un mode de vie spécifique que cet engagement trouve à s'exprimer. Dès lors, vivre selon ses convictions afin de favoriser un haut niveau de cohérence susceptible de maintenir les contours de son identité devient un enjeu fondamental pour les militants. Aussi, cet engagement à plusieurs niveaux (idéologique, politique, pratique) doit être appréhendé dans sa globalité. C'est pourquoi, la construction d'une généalogie des idées décroissantistes se révèle tout aussi indispensable que l'analyse des pratiques militantes, l'une permettant alors d'éclairer l'autre et vice versa.

  • "Sauver l'honneur". Appartenances et respectabilités populaires en milieu rural    - Coquard Benoit  -  25 novembre 2016

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    Cette thèse entreprend une sociologie des styles de vie et rapports au monde des jeunes de classes populaires rurales. Dans un territoire essentiellement composé d'ouvrier et d'employés, soumis à un fort déclin démographique, elle interroge la reproduction sociale des classes populaires locales, ainsi que la sociabilité quotidienne de jeunes femmes et hommes âgés d'entre 20 et 35 ans environ. La thèse se focalise sur une génération locale, en revenant sur la socialisation juvénile au bourg, puis sur la dispersion des jeunes au gré des différentes trajectoires scolaires et donc migratoires. Ensuite, il s'agit de comprendre les logiques de distinction et de reconnaissance à l'œuvre au sein du large groupe d'interconnaissance des jeunes restés vivre au bourg enquêté. La prise en compte de la dimension genrée des sociabilités est ici essentielle. Les hommes deviennent des hommes de façon plus collective, publique et valorisée, tandis que les femmes sont davantage au second plan dans les groupes d'amis. Plus encore, en accédant à l'intérieur des foyers et à la vie des « bandes de potes », l'enquête par observation permet de retraduire les préoccupations quotidiennes des jeunes ruraux, soucieux d'être reconnus dans une interconnaissance où la réputation est pour beaucoup un soucis permanent. Dès lors, dans un contexte où les structures d'encadrement des classes populaires se disloquent, le fait d'avoir des amis « sur qui compter » est essentiel, tant sur le plan de la respectabilité, que pour s'insérer concrètement sur les marché matrimonial et professionnel.

  • Néo-patrimonialisme et construction de l'État social dans une économie de rente. Le cas du Gabon    - Ngouanda Mickelley Silvère  -  22 novembre 2016

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    Cette thèse s'inscrit dans le courant de la sociologie politique africaniste et permet de questionner à nouveaux frais la place de l'État en Afrique, son historicité et sa force actuelle. Tout en documentant à partir d'un nouveau cas la question désormais balisée du clientélisme et de ce que l'on appelle « la politique du ventre », elle permet par ailleurs d'avancer sur une question très peu travaillée, celle de « l'État social en Afrique ». Avec le développement de l'économie de rente, le Gabon a fait de la construction de la protection sociale, un moyen de redistribution de la richesse nationale. Cependant, le profil social du pays, marqué par une paupérisation progressive des couches démunies, éclaire sur les insuffisances de cette ambition. Comprendre et analyser les insuffisances de la construction de l'État social constitue la problématique centrale de cette recherche. Ainsi, cette sociologie politique de l'État social au Gabon montre que l'enracinement du clientélisme assistantiel (aide sociale personnalisée prodiguée par l'élite gouvernante aux couches défavorisées) constitue un frein à l'institutionnalisation de la solidarité nationale. Même si l'avènement au pouvoir d'Ali Bongo Ondimba s'est accompagné d'un frémissement du « social » (promotion de la CNAMGS et du FNAS), la protection sociale des couches défavorisées demeure un défi majeur.

  • Le conseiller scolaire et le conseiller d'orientation psychologue : une comparaison entre la Roumanie et la France    - Moldovan Ana-Maria  -  26 septembre 2016

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    L'étude porte sur les conseillers scolaires de certains départements de Roumanie et les conseillers d'orientation-psychologues des Centre d'Information et d'Orientation de l'Académie de Poitiers, France. Notre objectif est de définir la place que les conseillers français et roumains occupent dans la configuration national du système éducatif, les missions qui leur sont confiées et les modalités par lesquels ils réussissent à les accomplir. La méthodologie de recherche comporte plusieurs volets : l'autoanalyse de l'expérience professionnelle en tant que conseiller scolaire, l'analyse des documents juridiques, les observations de terrain et les entretiens réalisés avec 23 conseillers scolaires de Roumanie et 13 conseillers d'orientation-psychologues de France. Le travail est structuré en trois parties égales. Une première partie qui décrit les conditions d'apparition de la profession de conseiller scolaire en Roumanie : le contexte politico-économico-social, la structure et la restructuration continue du système scolaire après la tombée du régime communiste jusqu'à présent. Une deuxième partie est réservée à la description et à l'analyse de la profession de conseiller d'orientation-psychologue de France. Cette partie s'appuie sur une présentation historique du système français d'orientation professionnelle et sur les résultats obtenus dans l'enquête de terrain que nous avons menée dans plusieurs CIO de l'Académie de Poitiers. Une troisième partie est dédiée à la comparaison entre le conseiller scolaire et le conseiller d'orientation psychologue à travers l'"analyse sociétale" (Maurice, Silvestre et Sellier, 1982) dans laquelle nous avons mobilisé plusieurs catégories d'analyse : la formation initiale, la formation continue et la socialisation professionnelle; le positionnement des conseillers dans leurs structures institutionnelles ; les missions, les tâches et les compétences qui définissent l'identité professionnelles des conseillers. L'analyse des configurations nationales montre les modalités spécifiques d'institutionnalisation de chaque profession dans son pays et les conditions dans lesquels chaque groupe professionnel acquiert/maintient son territoire.

  • Les moniteurs et les monitrices de maison familiale rurale : modes d'accès au métier, interprétations des fonctions et déroulement des carrières    - Benet Joachim  -  13 juin 2016

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    Le but de cette thèse est de contribuer à la compréhension du métier d'enseignant et des carrières enseignantes dans l'enseignement agricole français. Ce travail permet d'identifier les moniteurs et les monitrices des maisons familiales rurales, des enseignants d'un dispositif de formation en alternance. Les moniteurs et les monitrices ont des fonctions variées : ils doivent enseigner plusieurs disciplines (multidisciplinarité) et doivent organiser diverses activités collectives. Cependant, depuis les années 1980, ce rôle original s'est transformé. En effet, le monitorat de MFR perd ses spécificités et le rôle tend à se rapprocher de celui des enseignants de l'enseignement professionnel (bidisciplinarité). Un certain nombre de facteurs ont contribué à cette évolution. L'analyse souligne quatre facteurs principaux : la massification de l'enseignement secondaire, les réformes scolaires, la perte d'influence des familles agricoles et l'émergence de nouvelles activités agricoles comme l'accueil des touristes et les activités environnementales. Historiquement, les moniteurs sont des hommes et des femmes d'origine agricole. Ainsi, le monitorat joue un rôle de promotion sociale. Après les années 1980, leurs carrières deviennent plus diversifiées. Par ailleurs, un des effets les plus importants de cette évolution est la féminisation. 65 entretiens ont été effectués dans les domiciles et dans les établissements scolaires.

  • La carte scolaire à l'école primaire. Analyse de ses mises en œuvre    - Florentin Michel  -  11 décembre 2015

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    Cette thèse porte sur la fabrication, la mise en œuvre et les usages de la carte scolaire dans le premier degré. Bien que de très nombreux travaux de recherche existent déjà dans ce secteur éducatif, l'enjeu est d'étudier ce dispositif scolaire spécifiquement au sein des écoles primaires publiques à partir d'une démarche d'observation sur plusieurs terrains pour privilégier une approche globale. L'objet « carte scolaire » traité se situe à la croisée de la définition de la sectorisation, de la gestion des postes d'enseignants, des moyens distribués aux écoles, mais aussi de l'analyse des comportements des familles et plus largement des pratiques des acteurs chargés de l'action publique, sous oublier les effets spécifiques des instruments sollicités dans le cadre de sa mise en œuvre pratique. Questionner la carte scolaire dans sa globalité revient à prendre en compte des liens entre des logiques sociales et institutionnelles. La première hypothèse consiste alors à mieux comprendre précisément les mécanismes de mise en œuvre de cette carte scolaire, à partir des stratégies scolaires (les actions), de l'intervention des différents groupes sociaux (les acteurs), et des instruments mobilisés (l'instrumentation). Au-delà des aspects gestionnaires ou capacitaires de répartition des flux d'élèves et d'attribution de moyens aux écoles, la deuxième hypothèse considère que la carte scolaire est traversée par des enjeux sur les conditions différenciées d'accès à des biens éducatifs contrastés, avec une approche sur les inégalités liées aux stratégies scolaires, à la mixité sociale des écoles et à une offre scolaire hiérarchisée. Du point de vue méthodologique, cette thèse s'appuie sur une démarche qualitative et privilégie l'observation participante incognito : le corpus se compose de nombreux entretiens anonymes puis de suivis de réunions institutionnelles sur plusieurs lieux stratégiques en raison de la grande diversité de situations de carte scolaire, complétés par l'analyse de documents administratifs et de littérature grise sur le sujet. Les deux premiers chapitres permettent de préciser le contexte socio-historique d'émergence de cette carte scolaire dans l'enseignement primaire public puis de poser un outil d'analyse de ses différentes composantes en identifiant les catégories d'acteurs en présence comme les élus locaux, les familles, les enseignants, les agents de l'Inspection académique et leur cadre de socialisation dans ce dispositif. Les chapitres 4, 5 et 6 portent l'analyse sur des observations de terrains pour suivre la fabrication d'une carte scolaire tout au long de l'année scolaire 2007-2008, à l'échelle d'une ville de 10 000 habitants et plus particulièrement au sein d'un tissu scolaire de huit écoles dont une privée et de deux collèges publics auxquels s'en rajoute un autre sous contrat d'association. Le choix d'inclure le second degré dans cette recherche repose sur les liens et la « perméabilité » des deux segments scolaires notamment lors du changement de cycle entre le CM2 et la 6ème. Cette charnière scolaire constitue une opportunité de choix pour les familles lors de l'inscription de leur enfant dans un nouvel établissement. Il s'agit alors de suivre la démarche de la municipalité pour organiser la rentrée scolaire en redéfinissant la sectorisation au regard d'une baisse démographique importante et de difficultés pour optimiser les conditions d'accueils dans les écoles. Les observations portent aussi sur l'action bureaucratique qui consiste à concevoir la répartition des ressources publiques en termes de postes et de personnels. La sectorisation et la gestion des classes sont au cœur de cette étude mais la question du contournement de cette règle d'affectation par les familles et le recours publiquement autorisé aux dérogations individuelles s'invitent dans cette recherche avec une perspective sur les inégalités scolaires.

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