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Quintana Cécile

Les thèses encadrées par "Quintana Cécile"

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  • La construction du sujet féminin dans les romans de Mercedes Cabello de Carbonera et de Clorinda Matto de Turner    - Porcheron Sarah  -  18 octobre 2019

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    Au cours de la première moitié du XIXème siècle, le Pérou fait l'expérience d'un phénomène littéraire nouveau : l'entrée d'un groupe de femmes économiquement privilégiées dans le panorama littéraire national. Le fait que celles-ci publient des articles dans la presse et qu'elles intègrent les milieux culturels de Lima légitime progressivement leur présence dans la sphère publique. La Guerre du Pacifique (1879-1883) vient interrompre cette ébullition culturelle et la défaite amène certains intellectuels péruviens à voir dans la littérature un organe critique. Mercedes Cabello de Carbonera (1842-1909) et Clorinda Matto de Turner (1852-1909) appartiennent à ces intellectuels qui regardent la société d'un œil critique. Elles se tournent vers le roman, en plein essor, afin de revendiquer, pour les femmes, une place de sujet reconnu dans la société péruvienne. Selon elles, la transformation sociale et morale de la société dépend de la revalorisation de la condition féminine. Le but de notre analyse est de définir, à la lumière des théories féministes du XXème et du XXIème siècles, comment ces écrivaines péruviennes du XIXème siècle ont construit dans leurs romans une subjectivité féminine alternative avec les moyens dont elles disposaient à l'époque. Notre réflexion se développe en trois parties. Dans la première, nous nous intéressons à l'analyse des essais et des articles de presse de ces écrivaines de façon à comparer les idées qui y sont défendues à celles de leurs romans. Dans la seconde partie, nous explorons la place des personnages féminins de ces romans dans le cercle familial et enfin, dans la dernière partie, nous élaborons une étude des particularités de la voix narrative sous le prisme du sujet féminin.

  • L'oeuvre d'Alfredo Molano : sous le signe de l'hybridation générique    - Osorio Mejía Jesús David  -  19 mai 2014

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    Alfredo Molano, écrivain et sociologue colombien contemporain, remet en question la concentration de la propriété terrienne et la distribution inégale des richesses. L'étude de son oeuvre explore trois axes centraux. Premièrement, la transformation de son écriture, qui évolue d'un format propre au discours scientifique vers le témoignage journalistique et littéraire. Cet écart par rapport à l'objectivisme scientifique entraîne un certain risque de fictionnalisation, que l'écrivain assume, car, d'après lui, il ne porte aucune atteinte à la factualité des récits et favorise en revanche leur lecture et leur diffusion. Nous avons également analysé la technique, chère à l'écrivain, de l' « imputation », consistant en la fusion de plusieurs témoins en un seul personnage, qui garde les traits des individus dont il s'est inspiré. Notre intérêt s'est aussi porté sur l'hybridation générique, puisque le Colombien fait appel aux récits de vie, de voyages et d'apprentissage, autant qu'aux textes sentimentaux, d'action et d'aventures, et à l'essai, entre autres. Cette confluence reflète la complexité d'une société féodale et postmoderne, et permet l'expression d'une variété de témoins hétérogènes, notamment les Amérindiens, les paysans, les activistes politiques, les délinquants et les prisonniers. Ils sont, pour la plupart, victimes de l'inégalité et du conflit permanent entre le centre hégémonique et la périphérie opprimée, deux pôles aussi flous que la violence est tangible, sanglante et multiforme. Alfredo Molano, comme la plupart des témoins, ne s'en tient pas au constat de cette violence, il la dénonce ouvertement et propose des solutions structurelles. Il s'oriente vers la construction d'une « mémoire historique », reconnaissant la souffrance des victimes, et vise une société non seulement hybride, mais surtout juste et égalitaire.

  • La maison close dans le roman contemporain dominicain : un espace de transgression ?    - Racon Carole  -  17 mai 2014

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    La critique a souvent souligné l’absence d’une tradition littéraire en République dominicaine. L’ouvrage de Rita de Maeseneer, critique littéraire à l’université d’Anvers, et le récent intérêt des éditions espagnoles montrent que ce petit « pays de nulle part » (Pedro Mir) n’est pas dépourvu d’une histoire littéraire non seulement par sa richesse et sa diversité mais aussi par une singularité du roman contemporain que représente le roman de la maison close (novela del prostíbulo).Thématique récurrente, dont l’exploitation littéraire résulte bien plus de la lecture socio-historique du pays que d’un lien hypertextuel. Jusqu’en 1960, le roman « costumbrista » dominicain s’intéresse principalement au contexte local en témoignant d’une littérature soucieuse d’exister à travers sa propre histoire et ses particularismes. Les premiers romans de l’univers de la prostitution s’inspirent de la réalité sociohistorique dominicaine qui, au début du XXe siècle, vit s’accroître la prostitution au rythme de la migration interne, comme le montre le premier chapitre : « les espaces de transgression en question ». Notre deuxième chapitre : « les espaces de clandestinité et des transactions morales » analyse les représentations textuelles de la maison close en confrontant l’approche des auteurs à la notion de tabous. Si la société dominicaine n’échappe pas à la condamnation morale, qui frappe la prostitution, les textes posent un regard tolérant, compréhensif, attendri, voire complice sur le fait prostitutionnel. Instituée comme dispositif social, reconnu pour son utilité collective et individuelle, la maison close incarne la société dominicaine, dans un troisième chapitre, nommé : « La marginalité au centre du pouvoir, sens et métaphore de la maison close ». Toute une rhétorique de l’espace, à l’origine de métaphores multiples et significatives se développe transcendant ainsi le binarisme Bien/Mal et aboutissant à une présentation du « bordel » comme lieu d’émancipation, aux derniers jours du dictateur Trujillo. Envisagée, dès lors, comme construction sociale, la maison close comme la prostituée deviennent l’angle critique des écrivains dominicains contre les dynamiques internes du trujillisme. La transgression des règles morales finit par dépasser les limites du « bordel », transformé en miroir de la société dominicaine sous Trujillo par sa représentation géographique, son fonctionnement et ses répercussions sur une population soumise. Et dans ce « bordel » dominicain, le dictateur représente désormais le souteneur et la prostituée, l’archétype de la soumission. Les histoires personnelles deviennent des contre-vérités face à une Histoire officielle, « littéralement » battue en brèche par des romanciers, aspirant à la liberté. Cette déconstruction de l’Histoire réexamine les fondements du pouvoir, ses symboles et ses règles jusqu’à la démythification du dictateur, dans le quatrième chapitre : « La transgression à l’œuvre ». L’écriture se met en scène dans : « L’art et la manière de jouer la transgression » et le roman en tant que fiction se fait espace de transgression(s) au sens figuré cette fois. La partie intitulée : « satanisme esthétique », vient finalement consacrer l’avènement de la liberté à la faveur d’un ordre nouveau qui pratique l’outrance et libère la créativité. Décidés à rejeter tout absolutisme, les auteurs dominicains prônent dorénavant le pluralisme et l’hétérogénéité. L’espace littéraire dominicain s’ouvre ainsi sur un vaste horizon, dessiné par un langage nouveau, qui admet volontiers la dissolution postmoderne. Chez Pedro Antonio Valdez, cela aboutit à une véritable « carnavalisation » du matériau linguistique, chez Marcio Veloz Maggiolo, à la réalisation de soi. La maison close, la prostituée et le boléro réinvestissent ainsi l’Être dominicain dans son histoire et son identité, en s’associant à une démarche à la fois ontologique, mythique et culturelle.

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