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36 - Terre solide : géodynamique des enveloppes supérieure, paléobiosphère

Les thèses se rapportant à la section CNU "36 - Terre solide : géodynamique des enveloppes supérieure, paléobiosphère"

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  • From ediacaran to silurian: assessing the role of paleocondition changes and biota response in podolia basin (Ukraine)    - Chupryna Anastasiia  -  10 décembre 2021

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    Le complexe sédimentaire du Néoprotérozoïque au Paléozoïque du bassin de Podolia a fait l'objet d'études paléontologiques, minéralogiques et géochimiques. C'est l'un des meilleurs objets géologiques pour la paléo-reconstruction des conditions de sédimentation, car cette zone n'a pas subi de changements tectoniques ou diagénétiques significatifs. Des recherches approfondies ont clarifié l'évolution diagénétique, l'écoulement des fluides et les conditions paléo redox, ainsi que l'évolution de la vie organique sur Terre de l'Ediacarien au Silurien Période dans la région d'étude. Elle est également corrélée avec d'autres coupes stratigraphiques dans le monde pour identifier les tendances globales de l'évolution planétaire. Dans la coupe géologique, on distingue deux lithofacies sédimentaires généraux : siliciclastique et carbonaté. Ainsi, d'après leur composition minérale et géochimique uniforme (modèles d'ETR, Th/Sc, Zr/Sc, Cr/Th, La/Sc), on peut affirmer qu'un type de roche mère domine (le Bouclier ukrainien), qui a une composition majoritairement felsique. Une diminution de la quantité de matière clastique, des variations dans les assemblages minéraux authigènes (couches mixtes I/Sm et Sm/Ch), une augmentation des éléments sensibles redox (Mo, V, U), des empreintes de transitions évolutives du biote à corps mou au des organismes squelettiques complexes de la base (l'Ediacarien) au sommet (le Silurien) de la section indiquent une tendance générale au réchauffement climatique et à l'oxydation de l'atmosphère et de l'eau marine. Ceci est clairement corrélé avec des changements dans la composition isotopique, à savoir une augmentation de δ13Corg et une diminution de δ15N de la base vers le haut, ce qui peut indiquer la prédominance des organismes photosynthétiques. Ainsi, l'apparition de grandes quantités de glauconite à proximité de la transition de l'Ediacarien au Cambrien est associée à la présence d'eau de mer enrichie en Fe, à d'importants changements dans l'environnement (conditions redox), et au début d'une période de "climat chaud", comme en témoignent changements du visage, variabilité des minéraux argileux et augmentation de la composante carbonate. Aussi, selon les manifestations de l'évolution progressive des formes biologiques, qui est probablement associée aux changements du climat et de l'environnement, il est impossible de se prononcer sur un changement soudain et ponctuel des principaux indicateurs des conditions de vie. Mais c'est un aspect très problématique de l'étude, car il y a une difficulté à mesurer avec précision la durée temporelle des discordances au sein et entre les différents complexes lithostratigraphiques.

  • The crystal chemistry, crystal growth and related controlling factors during smectite evolution    - Zhang Chaoqun  -  20 mai 2021

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    Les smectites sont des minéraux argileux relativement abondants à la surface de la Terre qui présentent des propriétés spécifiques de sorption et de gonflement notamment, du fait de leur charge et de leur espace interfoliaire hydraté. Cette particularité rend leur croissance cristalline spécifique et mal connue. Pour ce travail de thèse, nous avons utilisé la synthèse de la saponite (une smectite trioctaédrique) pour étudier la croissance cristalline, l’évolution de cristallinité et de cristallochimie de ces minéraux en fonction des conditions de synthèse en couplant FTIR, microscopie électronique HR, adsorption d'argon basse pression, et estimations thermodynamiques. Les résultats principaux sont les suivants: 1. Des saponites avec différents rapports Mg/Zn (0-6) et un rapport Si/Al fixe de 5.43 ont été synthétisées. Les résultats montrent que plus le rapport Mg/Zn diminue, plus la cristallinité de la saponite est élevée. Al est préférentiellement présent dans la couche tétraédrique dans toutes les saponites synthétisées. Une diminution du rapport Mg/Zn en couche octaédrique favorise l'étendue de la substitution tétraédrique Al/Si et entraîne une augmentation du rapport Al(IV)/Al(VI) dans la saponite synthétisée, et peut être un facteur clé pour contrôler la cristallinité des saponites de synthèse. 2. Des saponites Mg-Ni ont été synthétisées par traitement hydrothermal à 220°C d’un mélange mécanique de précurseurs (saponite Mg et saponite Ni) sous pression autogène de 0 à 30 jours. La spectroscopie FTIR met en évidence dans les échantillons synthétisés de la saponite mixte Mg-Ni recristallisée suite à la dissolution des précurseurs. L'adsorption d'argon et les résultats de STEM sont cohérents et indiquent que la taille moyenne des particules des saponites augmente avec la durée de synthèse puis atteint un plateau de 14 jours à 30 jours. La croissance cristalline se fait par extension latérale des feuillets. 3. Des saponites précurseurs Mg et Ni ont été préparées par synthèse hydrothermale à différentes températures (RT, 50, 150, 180, 200 et 220°C) pendant 1 jour. Ensuite, pour la série I, des mélanges mécaniques de saponites précurseurs Mg et Ni préparées à la même température ont été traités hydrothermalement à 220°C pendant 2 semaines. Pour la série II, les saponites ont été synthétisées hydrothermalement à différentes températures (220, 300, 400 et 500°C) pendant 1 semaine à partir du mélange de précurseurs préparés à 220°C. Les résultats montrent que plus la différence entre la température de synthèse des précurseurs et celle des échantillons est grand, plus la dissolution des précurseurs saponitiques est élevée et plus la distribution des cations octaédriques Ni et Mg devient aléatoire dans la saponite synthétisée. Les observations en microscopie électronique fournissent une preuve visuelle que la taille des particules de saponite augmente lorsque le delta de température n’est pas nul. 4. Quatre séries de saponite Ni-Mg ont été synthétisées par traitement hydrothermal à 150°C (150-150) et 220°C (220-220, pMg220+pNi25, pNi220+pMg25) de mélanges mécaniques de précurseurs préparés à 150, 220, et 25°C, pendant des durées variables (jusqu’à 3 mois). Les résultats montrent que la dissolution des précurseurs est le facteur limitant. En effet, la saponite mixte Mg-Ni n'apparaît que dans les 2 séries 150-150 et pMg220+pNi25 alors que la solution solide est plus stable que le mélange mécanique saponite Ni + saponite Mg à toutes les températures. Pour les séries 220-220 et pNi220+pMg25, la cinétique de dissolution des précurseurs préparés à 220°C est trop lente pour permettre l’obtention de saponite mixte pour les durées de synthèse étudiées.

  • Analyse écomorphologique des restes postcrâniens de cercopithécidés de la formation de Shungura, Basse Vallée de l'Omo (Éthiopie)    - Pallas Laurent  -  17 décembre 2020

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    Les enregistrements fossiles du pléistocène d'Afrique orientale témoignent d'une aridification du climat et d'une ouverture des paysages relativement aux époques précédentes. C'est au cours de l'instabilité climatique de la transition plio-pléistocène qu'est documenté un abondant registre fossile de singes cercopithécidés, registre qui est particulièrement bien représenté à Shungura. Cette formation fossilifère de la Basse Vallée de l'Omo (Éthiopie) se caractérise par un cadre chrono-stratigraphique précis couvrant l'ensemble de la transition plio-pleistocène. Cette dernière apparait comme un banc d'essai de choix dans l'étude des impacts des changements climatiques sur les faunes et tout particulièrement pour les organismes inféodés aux milieux humides et boisés, comme le sont la majorité des représentants de la famille des cercopithécidés (colobinés et cercopithécinés). Mes travaux de thèses ont porté sur un indicateur écologique pertinent, à savoir la locomotion, et ont tiré parti de méthodes morphométriques uni- et multivariées afin de tester des hypothèses concernant d'une part, la caractérisation des comportements et des substrats locomoteurs et d'autre part, la partition des niches écologiques et les dynamiques écologiques des cercopithécidés de Shungura. Mes recherches ont d'abord traité de la faune de colobinés, des formes fossiles de grande taille ayant été documentées à Shungura par des restes craniodentaires (Rhinocolobus et Paracolobus). Cependant, aucune description ni aucune analyse de leur anatomie fonctionnelle n'avait encore été entreprise. Suite aux descriptions et aux analyses morphométriques multi- et univariées de 39 restes postcrâniens (comprenant un squelette partiel), mes travaux ont permis de caractériser des préférences de substrats locomoteurs versatiles et une capacité accrue au grimper chez Paracolobus ainsi qu'une préférence pour les substrats arboricoles et des aptitudes à la suspension chez Rhinocolobus. Sur la base de ces inférences, des analyses écomorphologiques ont mis en évidence la partition des niches écologiques de ces deux singes. Mes recherches ont également démontré la présence de colobinés arboricoles de petite taille, similaires aux formes africaines actuelles, dans les niveaux les plus récents de la formation. Cela supporte la mise en place d'une faune de colobinés d'aspect moderne succédant la disparition des grands colobinés aux alentours de 1,5 millions d'années en plus de documenter l'impact des changements climatiques sur la faune de colobes. Dans un second temps, la locomotion du genre Theropithecus, un cercopithéciné abondant à Shungura et dans les gisements pléistocènes d'Afrique orientale, a été réévaluée sur la base de la première analyse descriptive et morphofonctionnelle d'un membre postérieur partiel de l'espèce fossile T. brumpti. Mes résultats indiquent une préférence pour les substrats terrestres chez cette espèce ainsi qu'un usage de l'accroupissement, posture caractéristique du genre, mais dont l'identification à partir de corrélats ostéologiques restait à ce jour encore débattue. En bénéficiant, en partie, de ces nouvelles relations forme-fonction pour le membre postérieure de T. brumpti, une analyse fonctionnelle de 190 restes d'os longs provenant de l'ensemble de la séquence de Shungura a pu être entreprise. Cette étude a permis de i) confirmé la forte proximité du membre antérieur de T. brumpti avec celui des mandrills, ii) d'alimenté de nouvelles hypothèses quant à la partition de niche écologique entre T. oswaldi et T. brumpti et iii) d'identifier la présence de babouins d'aspect moderne dans les niveaux les plus récents de Shungura. Globalement, mes travaux interrogent sur le manque d'informations cinématique et cinétique concernant la locomotion des singes actuels et ils montrent la nécessité d'étendre la comparaison des diversités écomorphologiques des faunes de singes fossiles en d'autres points de l'Afrique.

  • Étude multi-approches des voiles bactériens du Paléoprotérozoïque (2,1 Ga, Gabon) : Biogénicité, minéralogie et biogéochimie    - Aubineau Jérémie  -  27 septembre 2019

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    La Série sédimentaire du Francevillien âgée de 2,1 milliards d’années du Gabon a fait l’objet de plusieurs investigations notamment à des fins économiques en lien avec les gisements uranifère et manganésifère. Ceci a également promu de nombreuses recherches pour reconstruire les paléoenvironnements et la paléobiodiversité du bassin de Franceville. Les sédiments abritent les plus anciens macrofossiles de tailles et de formes variées, ainsi que les traces laissées par des organismes mobiles, mettant en valeur l’enregistrement grandissant des formes primitives complexes et organisées au Paléoprotérozoïque. Cependant, le style de vie microbien, qui a émergé plus d’un milliard et demi d’années avant la sédimentation du Francevillien, a été peu décrit. Une étude multi-approches et pluridisciplinaire a révélé une grande diversité de structures liées aux voiles (MRS). Ces communautés microbiennes étaient principalement construites par des Cyanobactéries oxyphototrophiques qui ont prospéré dans des environnements peu profonds et dans la zone photique. Etant donné que ces bactéries peuvent avoir produit de grandes quantités d’oxygène très localement, ceci explique à priori la présence rependue de formes de vie avancées à proximité des MRS. Les structures fragiles bactériennes ont ensuite été analysées d’un point de vue minéralogique et géochimique. Les analyses montrent un assemblage minéralogique argileux riche en potassium (K) localisé dans les MRS mais inexistant dans les sédiments encaissants sous-jacents constitués de grès et d’argiles riches en matière organique (black shales). Cela suggère un piégeage des cations K+ par les MRS. Ce K, qui provient de l’eau de mer, a été ensuite relargué dans l’espace interstitiel pendant la dégradation de la matière organique, permettant ainsi la néoformation argileuse riche en K. Ceci confirme l’enrichissement potassique induit par des microbes. En ce qui concerne la teneur en éléments traces (TE) dans les MRS, aucun enrichissement en lien avec les microorganismes a été observé. La concentration de certains TE dans les MRS est plus élevée que celle du sédiment encaissant, mais des facteurs physiques environnementaux et non biologiques pourraient avoir causé ces enrichissements. Les données du redox local de l’eau de mer pour le sédiment encaissant montrent que le milieu de dépôt se traduit par des fluctuations des conditions redox (oxiques/suboxiques). Les signaux isotopiques du carbone organique et de l’azote de la roche totale sont similaires dans les structures bactériennes et le sédiment encaissant. La composition des isotopes du carbone suggère l’occurrence d'un recyclage secondaire d’un matériel carboné dérivé de la photosynthèse. Par ailleurs, les isotopes de l’azote indiquent une limitation azotée où les fixateurs de l’azote n’ont pas efficacement compensé la perte de ce dernier. La fixation de l’azote dans la colonne d’eau aurait été passagère et potentiellement contrôlée par la structure redox de l’océan, tandis que cette voie métabolique associée aux MRS est vraisemblablement commune au royaume des voiles benthiques à travers l’histoire de la Terre. L’ensemble de ces résultats soulignent la manifestation fréquente du mode de vie bactérien dans la série du Francevillien et révèlent si les microbes ont laissé des biosignatures spécifiques. La conservation exceptionnelle des MRS en association avec les macrofossiles du Gabon représente un écosystème marin unique à la suite de la première montée significative de la teneur en oxygène dans l’atmosphère terrestre.

  • Évolution des environnements sédimentaires du bassin de Podolya (Ukraine) à l'avènement des premiers métazoaires édiacariens    - Soldatenko Yevheniia  -  18 mai 2018

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    Sur la Plate-forme Est Européenne (PEE), des sédiments silicoclastiques néoprotérozoïques ont livré une faune animale édiacarienne type dans le bassin de Podolya. Sa géologie montre un domaine marin littoral et indiquent que cette faune vivait dans la zone euphotique. Situé en bordure du Bouclier Ukrainien, le bassin est resté à l'abri des événements tectoniques et sa subsidence a été faible, ce qui explique l’absence de métamorphisme et de processus liés à la diagenèse d’enfouissement. Ces conditions ont permis la préservation des fossiles d’animaux et des minéraux argileux. Ainsi, quatre couches riches minéraux interstratifiés (IS) ont permis d’identifier des bentonites i.e. des produits pyroclastiques altérés. Les zircons de la bentonite la plus récente, qui coiffe les niveaux fossilifères, ont été datés (238U/206Pb) à 557-555 Ma ; le macrobiota édiacarien de Podolya est donc plus âgé. De plus, les variations de teneurs en kaolinite dans la pile sédimentaire indiquent que le continent Baltica voisin (actuelle PEE), source du détritisme, a connu une succession de climats tempéré-chaud-tempéré. En accord avec les données paléomagnétiques, Baltica a donc migré depuis les hautes vers les basses latitudes avant d’amorcer un mouvement rétrograde. Les strates fossiles pauvres en kaolinite peuvent être corrélées avec une position de Baltica en latitude élevée, près de la bordure nord de Rodinia et du continent Avalon. Nos résultats permettent de situer les fossiles édiacariens de l'Ukraine sur l'échelle biochronostratigraphique mondiale, et de mieux comprendre les relations spatio-temporelles du biote de Podolya par rapport aux autres macrofaunes situées à proximité de Baltica à cette époque. Les nouvelles données et les morphologies primitives des fossiles de Podolya – d’ordinaire uniquement comparées à celles de la Mer Blanche (Russie) pourraient expliquer la ressemblance phylogénique entre le biote édiacarien d’Ukraine et certains macrofossiles d'Avalon.

  • Écologie alimentaire et paléoenvironnements des cervidés européens du Pléistocène inférieur : le message des textures de micro-usure dentaire    - Berlioz Emilie  -  05 décembre 2017

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    Le refroidissement global et les oscillations entre cycles glaciaires et interglaciaires du Pléistocène inférieur ont pour conséquence une alternance entre milieux steppiques et forestiers, favorisant par là-même renouvellements et dispersions fauniques dont celui du genre Homo. Dans les interprétations paléoenvironnementales basées sur les assemblages fauniques, les cervidés, parmi les plus abondants mammifères, sont classiquement considérés comme forestiers, mais ce paradigme ne reflète pas la complexité de la diversité écologique réelle des cervidés. L'analyse texturale de 921 spécimens représentant les 5 cervidés actuels à l'écologie référencée a permis d'établir une robuste base de données et d'attester du lien significatif entre micro-usure dentaire et ressources végétales. L'analyse de 547 cervidés fossiles issus de 15 localités européennes souligne leur grande diversité écologique. Eucladoceros ctenoides et Metacervoceros rhenanus présentent une alimentation plastique. Leur analyse permet l'identification de réponses alimentaires adaptatives aux modifications environnementales liées aux oscillations climatiques. Ces deux cervidés, eurytopiques, constituent des indicateurs écologiques incontournables. La composante forestière supportée par la présence des cervidés est ici remise en cause ; les cervidés étant plus diversifiés écologiquement. L'analyse de la texture de la micro-usure dentaire des cervidés présents dans des sites européens, où la présence du genre Homo a été avancée, vise à identifier le type potentiel d'habitat favorable à sa dispersion en Eurasie.

  • Études multi-proxies et multi-scalaires des roches siliceuses (cherts) du bassin de Franceville (2,1 Ga) : origine et processus de formation    - Lekele Baghekema Stellina Gwenaëlle  -  29 juin 2017

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    Le bassin de Franceville d'âge Paléoprotérozoïque (2,2-2,0 Ga) est connu pour ses réacteurs nucléaires naturels, la richesse de son sous-sol (minéralisations uranifères et manganésifère) et ses formations sédimentaires bien préservées qui ont fourni les plus anciens macro-organismes multicellulaires déplaçant la limite de l’apparition de la vie multicellulaire précédemment fixée à 600 Ma à 2,1 Ga. Ces derniers sont retrouvés dans la formation FB dont la mise en place s'est faite durant et immédiatement après le GOE (Grand Evenement d’Oxydation de l’atmosphère terrestre). Cependant, le bassin de Franceville possède également des roches de type cherts qui appartiennent majoritairement au FC et sont le sujet de ce travail. Les observations de terrains, les études pétrographiques et géochimiques sont utilisées pour déterminer l'environnement de dépôts, le mode de formation, et la source de la silice qui compose ces cherts. L'analyse des différents affleurements met en évidence trois faciès distincts : (1) un faciès chert massif d'apparence homogène, (2) un faciès de chert béchique et (3) un faciès stromatolites. Les dômes plats, relativement peu épais, et les formes concentriques à la surface de ces dômes traduisent un milieu supratidal à intertidal. Les observations microscopiques dépeignent trois microfaciès : (1) un microfaciès homogène composé de microquarz dans lequel sont inclus de carbonates et des calcédoines ; ce microfaciès est caractéristique des affleurements de Sucaf et route de Moyabi ; (2) un microfaciès hétérogène montrant des grains qui peuvent être assimilés à des péloïdes à Bambaye, et à des intraclastes et oncoïdes à Lekouba ; (3) un microfaciès laminé (stromatolites) présent dans tous les affleurements. Ces différents microfaciès peuvent être reliés à une précipitation directe de silice, à l'exception des faciès à intraclastes comprenant des inclusions de carbonates qui résultent de la silicification d'un précurseur carbonaté. La formation FC de Francevillien du Gabon renferme les plus vieux microfossiles de Gunflint (Gunflintia, Huroniospora, Eoastrion) qui sont observés dans des stromatolites. Des observations microscopiques (microscopie optiques, microscope électronique à balayage, microscopie électronique à transmission, microscopie laser confocal à balayage et la microspectroscopie Raman) ont été utilisées pour étudier la morphologie et l'ultrastructure dans le but de mieux caractériser leur préservation, leur biogénicité et leur affinité biologique. Malgré un degré de maturation élevé de la matière organique qui les compose, les gaines et les parois des Gunflintia et Huroniospora sont préservées par une recristallisation de plusieurs générations d'opales de différentes textures. Des filaments larges (> 3 μm) à parois épaisses sont reconnus pour la première fois dans un assemblage stromatolitique de type Gunflint et montrent la préservation d'une ultra-structure de gaine épaisse souvent observée dans les cyanobactéries. Deux types de formes en étoiles (Eoastrion) sont distinguées. L'étude palynologique et ultrastructurale révèle un processus de préservation similaire à celui des Gunflintia et Huroniospora. Toutefois, les branches d'un Eoastrion traversant un cristal de chlorite diagénétique tardif sont compatibles avec la formation de branches par migration. De ce fait, leur biogénicité reste discutable.

  • Analyse morpho-fonctionnelle de la topographie dentaire 3d chez les primates actuels et fossiles    - Thiery Ghislain  -  23 novembre 2016

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    Chez les mammifères, les dents sont un outil essentiel à la fragmentation et à la fracture des aliments. En retour, les propriétés mécaniques des aliments exercent une pression de sélection sur la morphologie dentaire. L'objectif de ce mémoire est de déterminer si ce signal adaptatif peut être détecté à partir de la morphologie des molaires chez les primates actuels et fossiles. Dans ce cadre, la topographie dentaire 3D de 31 espèces de primates actuels est étudiée à l'aide d'une combinaison de variables classiques et originales. Un colobe fossile, Mesopithecus pentelicus du Miocène terminal de Pikermi (Grèce), est également analysé. Les résultats sont interprétés à partir du régime alimentaire mais aussi d'un système de catégorisation inédit évaluant le champ mécanique d'aptitude à cisailler, écraser et « craquer » les aliments. Les variables choisies permettent de distinguer de façon significative les catégories alimentaires et les champs d'aptitude au sein de l'échantillon actuel. Elles prédisent également que M. pentelicus avait une morphologie dentaire intermédiaire, et qu'il était apte à « craquer » des aliments durs tout en maintenant une adaptation à cisailler des aliments coriaces. En outre, les nouvelles variables permettent de montrer que les crêtes d'émail sont significativement plus tranchantes chez les espèces consommant des aliments coriaces, ce qui confirme leur utilisation en tant qu'outil de cisaillement. En revanche, la distribution de l'épaisseur de l'émail semble être plus homogène chez les espèces durophages, suggérant que la dent entière constitue l'outil élémentaire de « cracking » chez les primates.

  • Études des paléomilieux paléoprotérozoïques (2,1-2,0 Ga) : la formation fb du bassin de Franceville au Gabon    - Onanga Mavotchy Nathaelle  -  31 mars 2016

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    Le bassin paléoprotérozoïque (2,1 à 2,0 Ga) de Franceville, situé au Sud-est du Gabon, est étudié depuis des décennies pour son fort potentiel métallifère (uranium et manganèse), depuis 2010, pour avoir livré les plus anciens macro-organismes multicellulaires connus à ce jour, repoussant la limite de l'apparition de la vie multicellulaire complexe à 2,1 Ga. Cette période, est synchrone de grands bouleversements ayant affectés à l'échelle du Globe la chimie de l'atmosphère et des océans et correspond à la mise en place de la formation FB de la série sédimentaire du Francevillien. C'est dans la région de Mvengué, au centre du bassin, que le stratotype de la formation FB a été initialement défini. L'objectif de cette étude est de pouvoir apporter de nouvelles informations sur les conditions de sédimentation et de diagenèse précoce de ces sédiments, et de mieux comprendre la mise en place de la sédimentation carbonatée essentiellement au sein de niveaux de black shales et d'intercalations silto-gréseuses.
    Dans la zone de Mvengué, les dépôts de la formation FB sont composés d'unités déposées dans un environnement marin avec des profondeurs variables en dessous de la limite d'action des vagues de tempête. On distingue les unités (1) FB1b comprenant des pélites noires, des grès intercalaires et des pélites rubanées ou dolomites litées, (2) FB1c formée par l'alternance de black shales et de grès noirs et enfin (3) FB2a caractérisée par les grès massifs ou grès de Poubara. La variabilité verticale est identique dans les différents sondages. Les analyses pétrographiques, minéralogiques et chimiques montrent que ces sédiments ont subi une diagenèse modérée. Toutefois, les effets de cette diagenèse est variable selon les faciès.
    Les carbonates sont associés aux black shales, de manière souvent diffuse, ils peuvent s'exprimer en lits et bancs individualisés à Mvengué, mais également en concrétions sur le site de Moanda, où elles apparaissent sur une épaisseur de 12 m intercalées dans les niveaux de black shale de l'unité FB1c. Ces concrétions, ovoïdes à lenticulaires, de taille centimétrique à décamétrique, forment des alignements au sein de 8 niveaux successifs. Quelle que soit leurs formes, leurs relations géométriques avec les lamines de l'encaissant black shale argue en faveur d'une mise en place dans un sédiment encore meuble, bien avant le début de la compaction. En se développant les concrétions ont incorporé une fraction argileuse semblable à celle de l'encaissant et dont la composition est relativement homogène depuis leur bordure externe jusqu'à leur centre. Les analyses isotopiques du carbone et de l'oxygène de la phase carbonatée et du carbone de la phase organique ainsi que les relations morphologiques et texturales indiquent que la dolomitisation ayant générée ces concrétions s'est effectuée durant les premiers stades de la diagenèse et a été favorisée par l'oxydation bactérienne de la matière organique conduisant à l'augmentation de l'alcalinité des eaux interstitielles des sédiments.

  • Révision des †Ionoscopiformes (Actinopterygii: Neopterygii) et de certains taxons fossiles halécomorphes basaux : morphologie, taxonomie et relations phylogénétiques    - Machado Giselle Ribeiro de Paula  -  25 mars 2016

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    Les Ionoscopiformes sont un ordre de poissons actinoptérygiens fossiles avec de larges distributions temporelle et géographique, connus depuis le Trias moyen jusqu'au Crétacé supérieur, en Europe, Afrique, Asie et Amérique du Nord et du Sud. Les Ionoscopiformes sont composes des deux familles Ophiopsidae et Ionoscopidae, représentées par des espèces variées dont certaines ont leur anatomie encore mal connue. Bien que les Ionoscopiformes soient considérés comme un groupe monophylétique, les espèces d'Ophiopsidae et de Ionoscopidae diffèrent par plusieurs caractères, dont le type d'écaille et la structure de l'ornementation des os dermiques. Les Ionoscopiformes sont placés dans le clade des Halecomorphi qui comptent trois ordres (Amiiformes, Parasemionontiformes et Ionoscopiformes) et plusieurs espèces incertae sedis (e.g., Heterolepidotus, Osteorachis, and Neorhombolepis). Les Halecomorphi sont considérés plus proches des Ginglymodi que des Teleostei, et avec ces premiers ils forment le clade Holostei. Certaines des espèces halécomorphes incertae sedis ont été précédemment associées aux Ionoscopiformes, notamment à la famille des Ophiopsidae. Plusieurs questions sur la composition des Ophiopsidae et la position des taxa associés ont récemment été rapportées dans la littérature, comme par exemple la position des genres Placidichthys, Heterolepidotus et Furo. On a suggéré pour le genre Heterolepidotus un placement dans la famille Ophiopsidae, notamment avec une position basale dans la famille, mais aussi comme appartenant à la famille Caturidae. Placidichthys a été récemment placé au sein des Macrosemiiformes et Furo muensteri dans la famille des Ophiopsidae. Considérant le besoin flagrant d'améliorer nos connaissances sur les espèces d'Ionoscopiformes et des taxons incertae sedis associés, ce présent travail expose une revue anatomique de ces taxons et des hypothèses quant à leur position phylogénétique au sein des Neopterygii. Sur cette base, plusieurs suggestions taxonomiques sont formulées. Les genres Ionoscopus, Ophiopsis et Heterolepidotus sont redéfinis, la définition des espèces nominales est revue et leur diagnose émendée. Quatre espèces du genre Ionoscopus sont considérées valides (I. pietraroiea, I. desori, I. cyprinoides, and I. elongatus), ainsi que six espèces d'Ophiopsis (O. procera, O. breviceps, O. dorsalis, O. lepersonnei, O. montsechensis, et O. lepturus), et seulement deux d'Heterolepidotus (H. rhombifer et H. serrulatus). Des cas de synonymie, de réversion, de nomen nudumet de nomen dubium ont aussi été relevés. L'hypothèse phylogénétique retenue ne retrouve pas les Ionoscopiformes comme un taxon monophylétique. Néanmoins, les familles Ionoscopidae et Ophiopsidae sont retrouvées au sein des Halecomorphi; on trouve aussi une relation étroite entre les Ionoscopidae et les Amiiformes, tandis que les Ophiopsidae sont plus proches de Furo et Heterolepidotus. Les relations internes au sein des Ionoscopidae et des Ophiopsidae restent non résolues, mais Placidichthys est retrouvé au sein des Ophiopsidae. La non-monophylie des Ionoscopiformes et les incertitudes sur la position des espèces proches des Ophiopsidae montre la nécessité de la révision d'autres taxons halécomorphes, tels que les Caturidae, ainsi que le besoin d'identifier de nouveaux caractères, tels ceux de l'histologie, afin d'améliorer la résolution et la robustesse des hypothèses sur les relations phylogénétiques de ces clades.

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