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23 - Géographie physique, humaine, économique et régionale

Les thèses se rapportant à la section CNU "23 - Géographie physique, humaine, économique et régionale"

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  • Les espaces de la retraite internationale : pour une géographie du contre champ migratoire franco marocain    - Pinel Jordan  -  11 décembre 2020

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    À partir d'une compilation de données disponibles (EFL, CNAV) et d'une enquête menée dans la région marocaine du Souss-Massa de 2017 à 2019 auprès de 80 retraités, ainsi qu'auprès d'acteurs institutionnels, associatifs ou privés gravitant autour de la présence retraitée au Maroc, cette thèse de géographie questionne les mutations du champ migratoire franco-marocain. Celles-ci reposent sur le vieillissement de ses acteurs d'une part, mais également sur l'installation progressive d'une population retraitée française dans la circulation entre les deux pays. Ainsi, retraités marocains et français sont étudiés au sein d'un même espace migratoire qu'ils reconfigurent tout en renouvelant les contours et le fonctionnement du champ migratoire initial, faisant émerger un "contre-champ". Ce rapprochement analytique vise à réinterroger et à déconstruire les catégories de « migrations de retour » et de "migrations d'aménité", afin d'éclairer au mieux les pratiques spatiales liées au vieillissement et à la migration. En sortant d'un certain déterminisme propre aux catégorisations ethno-nationales usuelles, la thèse montre que les pratiques spatiales, et notamment les pratiques et formes d'installation résidentielles, sont façonnées essentiellement par le processus de vieillissement, plus que par l'origine ou la nationalité du retraité migrant. Les études migratoires et résidentielles se révèlent complémentaires dans la réflexion sous-tendue par cette thèse. Elles permettent de souligner l'importance du réseau social – notamment familial – dans les logiques spatiales au moment de la retraite.

  • Les lieux et les liens. Pour une géographie culturelle du plurihandicap.    - Bernard Serge  -  04 septembre 2020

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    Cette thèse de géographie culturelle joue des lieux et des liens du handicap. En dialogue avec d'autres approches des sciences humaines et sociales, spécialement la psychologie et l'anthropologie, mais encore la sociologie voire l'histoire, elle témoigne d'une ambition : celle de comprendre le handicap et le plurihandicap dans le temps et surtout, dans l'espace. Si l'auteur fait un retour d'expérience sur une longue période de travail qui l'a conduit partout en France mais aussi à l'étranger, il livre aussi un travail de recherche, avec la construction d'un cadre théorique, d'une méthode, une articulation de la pratique avec la théorie. Il aborde le rôle des changements d'échelle dans les interactions entre politique et pratique du handicap. Il cerne la genèse et le développement des quatre grands modèles théoriques explicatifs contemporains que sont « stigmates et déviance», « inégalités et oppression sociale », « approche et analyse culturaliste », « seuil et liminalité ». Les variations dans le temps rendent compte d'une place différenciée octroyée par les sociétés aux personnes handicapées mais avec une certaine invariance, et du « validisme » et de l'ambivalence des regards et des postures, entre compassion et rejet. La comparaison des espaces, elle, est abordée au prisme des cultures et elle met en évidence les inégalités socio-spatiales, les discriminations mais aussi les multiples liens sociaux, et les initiatives émancipatrices des adultes et des enfants plurihandicapés. L'ouvrage compare des lieux variés, (la maison familiale, la ville, le village), il va et vient dans des territoires géographiquement et culturellement différents : la France « hexagonale », la Guyane, le Québec, le Cameroun. Autour de trois systèmes de relations, Nord-Suds, Centre-Périphéries, et Rural-Urbain, en partant du global pour descendre par « paliers » vers la géographie « du ras du sol », les dimensions culturelle et politique sont au cœur de cette approche du handicap. En s'inscrivant dans une géographie culturelle liée à la psychologie, pour explorer les possibles d'une géo-psychologie du handicap, cette recherche met en évidence l'importance de l'ordinaire, du territoire quotidien, et surtout du sujet et de son lien à son entourage et à son environnement. Au total, le lecteur se voit proposé un regard géographique original, qui choisit d'aborder le handicap en privilégiant une approche culturelle et spatiale, en proposant plutôt les prémices d'une ethno-psycho-géographie du handicap, qui ose s'écarter de la géographie de la santé, comme nous y ont habitué les géographes anglo-américains, pionniers dans le domaine.

  • Les territoires ruraux à l’épreuve de nouvelles manières d'habiter : vivre en habitat non-ordinaire dans des espaces de faible densité    - Mialocq Madeleine  -  15 janvier 2020

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    La thèse propose d'aborder un phénomène encore méconnu et néanmoins répandu : la présence d'habitats non-ordinaires dans les campagnes françaises. Les habitats ainsi dénommés concernent des habitats caractérisés par un écart aux normes de confort habituelles et/ou une irrégularité juridique de leur statut d'occupation (habitats sans permis). Les habitats légers (yourtes, tipis), mobiles (camions, caravanes) sont concernés ainsi que des formes en dur (granges en montagne) ou « intermédiaires » que sont les cabanes. Le parti pris de la thèse consiste à se pencher plus spécifiquement sur les espaces ruraux de faible densité afin de questionner un cas « limite » de ruralité, a priori voué au déclin, qui rencontre néanmoins une attractivité paradoxale. Le propos de la thèse conduit en effet à questionner la nature d'habitats habituellement abordés sous les thématiques de la précarité et de la marginalité, qui semblent trouver des avantages certains à l'installation dans des espaces de faible densité. Il s'agit alors ici de travailler sur les représentations et les pratiques des habitants en habitats non-ordinaires et de dépasser ainsi les stigmates qui peuvent être accolés à ce type d'habitat. La thèse s'appuie pour cela sur trois terrains situés dans la partie ouest de la France : quatre zones d'étude en Ariège, le lieu collectif Copeaux Cabana situé en Dordogne, et le hameau du Grand Pic en Haute-Vienne. Influencés par l'approche ethnographique, ils ont été effectués en immersion auprès d'une quinzaine de lieux, concernant autant des personnes habitant seules, qu'en couple, qu'en famille ou en communauté. A chaque fois les motivations, les trajectoires et les quotidiens ont été relevés afin de documenter les manières d'habiter présentes sur place. La thèse consiste dès lors en un recueil d'une diversité de manières d‘habiter relatives aux terrains étudiés, destiné, dans un second temps, à pouvoir alimenter la réflexion de l'évolution des territoires ruraux de faible densité face à des situations qui les mettent à l'épreuve, et de l'encadrement possible des habitats en situation d'irrégularité administrative.

  • Mobilités, dynamiques frontalières et intégration sous-régionale en zone CEMAC : le cas des commerçants de Kyé-Ossi    - Mongbet Abêt  -  07 mai 2019

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    La libre circulation en zone CEMAC est un long processus en Afrique centrale qui date de cinq décennies. Les pays membres de cette organisation sont toujours en tractation et font face à d'interminables signatures et accords y afférents. Son manque d'effectivité empêche les citoyens tels les Camerounais de migrer dans la sous-région, en l'occurrence vers le Gabon et la Guinée Equatoriale, très réticents à l'ouverture de leurs frontières aux ressortissants de la CEMAC. Ceux-ci justifient leur posture par une situation socioéconomique qu'ils entendent préserver. Le contexte limitatif rend pertinent le développement de stratégies de mobilité pour les acteurs migrants concernés. Des politiques migratoires contraignantes amènent ainsi les migrants venant du Cameroun à concentrer leur présence à la frontière commune à ces trois pays : Kyé-Ossi. Au fil du temps, cette localité de halte prolongée des migrants a connu une expansion spatiale rythmée par une croissance démographique issue principalement de la migration intérieure ; ce phénomène soutenu par le commerce développe et anime la coopération transfrontalière dans cette partie du monde. Du processus d'intégration fortement ralenti, on assiste ainsi à une dynamique frontalière grâce à l'anthropisation des migrants et aux actions étatiques de territorialisation qui accroissent davantage les mouvements humains vers cette frontière. A partir de Kyé-Ossi vont se développer de nouvelles expériences de migration et de mobilité. Grace à la dynamique familiale et de réseaux créée autour de la frontière, Kyé-Ossi devient une nouvelle base pour des mobilités internationales variées : courtes et longues durées vers le Gabon ou la Guinée Equatoriale, réseau pour l'immigration, zone de transit de longue durée pour une immigration ultérieure, réseau de passage et de chaine d'acteurs marchands pour d'autres camerounais à l'intérieur de ces pays. Les trois frontières se retrouvent ainsi habitées par les camerounais, lieux de vie où on observe une différenciation dans leur expression de citoyenneté en tant que Camerounais et ressortissants de la sous-région CEMAC. La démarche adoptée pour mener cette recherche mobilise un corpus méthodologique s'appuyant sur un travail de terrain initié depuis 2014. Il intègre à la fois des observations directes en contexte d'immersion, des administrations de questionnaires et entretiens auprès de cibles diverses. S'y ajoute un travail d'exploitation de supports écrits tels que les documents scientifiques, administratifs et médiatiques, ainsi que des images satellitaires. Les matériaux obtenus permettent d'interroger et d'apprécier les liens mobilités – dynamique sociospatiale dans un cadre pluri-frontalier – intégration sous-régionale. Elle vérifie l'hypothèse d'ouverture des frontières aux mobilités internationales du fait de la continuité territoriale produite par la dynamique frontalière et mobilitaire.

  • Enjeux de la patrimonialisation du rituel Nguon chez les Bamoun du Cameroun : stratégies identitaires et ambition touristique    - Kpoumie Nchare Armand  -  06 mai 2019

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    Cette recherche en géographie sociale et culturelle porte sur Nguon, grand festival et rassemblement culturel multiséculaire des Bamoun au Cameroun. Nguon, avec des publics différenciés et dans des temporalités complémentaires mais distinctes, est à la fois un festival et une ritualisation de la coutume et du sacré du royaume bamoun maintenu durant l'époque coloniale puis depuis l'avènement de la république du Cameroun. L'originalité de son processus de patrimonialisation s'inscrit dans la vague contemporaine des traditions recomposées. Il constitue une arène d'analyse pour révéler des questionnements de gouvernance autour de l'attractivité touristique du territoire et du développement local grâce à son riche patrimoine, mais plus encore, pour ses retombées concernant la permanence de la cohésion communautaire, politique et culturelle face au contexte mondialisé plein d'incertitudes. Le potentiel d'attractivité touristique naturel et patrimonial de ce territoire, le Noun, peut-il être exploité sans que la structure sociétale bamoun n'en soit trop déséquilibrée ? Finalement, comment la patrimonialisation mise en perspective avec les enjeux touristiques, politiques et économiques interfèrent avec l'identité culturelle bamoun, et comment en retour la spécificité bamoun portée par le rituel et la coutume multiséculaire font de Nguon un festival singulier dans la vague des patrimonialisations actuelles ?

  • La coopération décentralisée France-Bénin    - Djossou Mahouton Marius Elvis  -  02 octobre 2018

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    Les limites des partenariats bilatéraux et multilatéraux menés par les gouvernements ainsi que la forte mobilisation des élus locaux ont permis à la coopération décentralisée de s'imposer à toutes les nations du monde par le biais de leurs collectivités territoriales. L'après deuxième guerre mondiale a été décisif pour la mise en place de ce nouveau rapport entre le Nord et le Sud. En effet, les anciens colonisateurs vont tenter de maintenir un cordon ombilical avec leurs anciens territoires en affichant la volonté de contribuer à leur développement et en réconciliant les peuples. C'est ainsi que les collectivités territoriales françaises ont mis en œuvre divers projets au profit de leurs homologues béninois et cela sous le sceau de la coopération décentralisée. Dans cette thèse, posons l'hypothèse que les acteurs locaux des deux territoires ne partagent pas les mêmes perceptions de cette coopération décentralisée. En quoi les perceptions et pratiques des acteurs de la coopération décentralisée entre la France et le Bénin se révèlent elle comme une relation basée sur l'aide ou sur la collaboration ? Les entretiens réalisés auprès des acteurs locaux en France et au Bénin montrent que leurs perceptions influencent directement la place de la coopération décentralisée dans les collectivités territoriales. En France comme au Bénin, tandis que les élus et cadres membres des dispositifs de pilotage des coopérations décentralisées perçoivent la coopération décentralisée comme une relation axée sur la collaboration, le « travailler ensemble », la coopération, la plupart des acteurs distants au dispositif l'évoquent telle qu'une relation basée sur l'aide apportée par les collectivités territoriales françaises à celles béninoises. Ceci confirme bel et bien notre hypothèse sur l'aide qui constitue la finalité de tout programme de coopération décentralisée franco-béninoise. En effet, les dispositifs de pilotage mis en place représentent des laboratoires de travail, de réflexion pour des choix techniques en aval et en amont de la mise en œuvre des aides apportées aux collectivités territoriales béninoises par leurs homologues français. Ils réalisent les travaux techniques et font des propositions tandis que la stratégie politique valide et officialise l'aide.

  • La territorialisation de la mobilisation politique de la diaspora palestinienne en Suède    - Christou Fanny  -  20 décembre 2017

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    Près de 25 ans après les accords d'Oslo, les Palestiniens sont toujours en quête d'un Etat. L'émigration des Palestiniens du Moyen-Orient ne cesse elle de s'amplifier, vers des espaces toujours plus éloignés. La Suède est à cet égard l'un des Etats vers lequel la diaspora palestinienne se dirige aujourd'hui même si ce mouvement se situe dans le prolongement d'une migration débutée dans les années 1970-1980. La mobilisation des Palestiniens a d'abord débuté dans les différents territoires d'accueil moyen-orientaux pour répondre à leurs aspirations politiques mais aussi pour faire face à leurs conditions de vie ainsi qu'à leur niveau d'intégration socio-politique. Aujourd'hui, l'échec des Accords d'Oslo et l'absence d'un « printemps palestinien » dessinent une nouvelle configuration de la territorialisation de la mobilisation politique de la diaspora palestinienne dans des territoires aux marges des premiers lieux d'exil. En ayant l'ambition de se défaire d'une approche centrée sur la question palestinienne dans les territoires de premier accueil au Moyen-Orient, cette recherche se concentre sur une analyse micro-située à Malmö en Suède. Il est donc crucial de comprendre quelles sont les lignes directrices de cette fluidité diasporique depuis les territoires de premier accueil au Moyen-Orient jusqu'en Suède en questionnant les fragmentations spatiales, identitaires et politiques qui se dessinent. Cette recherche doctorale a questionné la mobilité palestinienne au miroir de l'évolution des formes de mobilisation en Suède. En réalisant un travail de terrain au plus près des membres de la diaspora palestinienne ainsi que de nombreuses observations participantes, cette thèse propose une lecture de la mobilisation de ce peuple en exil. Les trajectoires migratoires et les parcours militants des Palestiniens révèlent ainsi une territorialisation spécifique de leur mobilisation dans un espace en marge des espaces de premier exil au Moyen-Orient. Ainsi, nous souhaitons comprendre ce que signifie « être Palestinien » par la prise en considération de facteurs multidimensionnels, à la croisée de contextes et de temporalités variées. Par l'analyse des pratiques socio-politiques des Palestiniens en Suède, nous souhaitons contribuer à relire le sens politique donné à la territorialisation de la mobilisation palestinienne dans le contexte post-Oslo, alors que l'émigration palestinienne vers l'Europe du nord est toujours d'actualité. Notre recherche porte sur l'analyse des différentes vagues migratoires palestiniennes depuis la Jordanie, le Liban, la Syrie ainsi que des Territoires palestiniens pour ainsi comprendre les enjeux de la politisation des membres de la diaspora palestinienne ayant trouvé refuge en Suède, à la lumière de leurs recompositions identitaires et militantes.

  • La diaspora Wenzhou en France et ses relations avec la Chine    - Li Zhipeng  -  28 juin 2017

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    La diaspora chinoise a pris de l’ampleur depuis la deuxième moitié du XIXème siècle. En France, la migration de Chinois originaires de la région de Wenzhou, s’est intensifiée depuis les années 1980. Ce sous-groupe de la diaspora chinoise a dès lors rapidement développé ses activités économiques. L’objectif cette thèse consiste à étudier l’organisation économique, sociale et spatiale des migrants de Wenzhou en France, principalement dans la région parisienne, et d’analyser les rapports économiques et sociaux que ceux-ci entretiennent avec la Chine en général et avec leur région d’origine en particulier. L’hypothèse centrale de la thèse est que le « Modèle de Wenzhou » en Chine, tel qu’il est identifié et analysé par les universitaires chinois, et le développement de l’entrepreneuriat chinois issu de Wenzhou en France sont étroitement liés. Pour ce faire, nous interrogerons notamment l’idée d’une « importation » de ce modèle en France. Les résultats de cette thèse permettent de révéler l’existence d’une économie transnationale originale, reliant la France et la Chine, qui a été soutenue par la diaspora Wenzhou et a produit une forme de « transfert migratoire » dans chacun des deux pays. Plus largement, la thèse permet de montrer de quelle manière la diaspora chinoise en France a contribué au développement économique de la Chine et comment elle a pu bénéficier de la nouvelle politique de la Chine initiée au début des années 2000 pour se consolider.

  • Morphogenèse d'un système migratoire. Émergence(s), Développement(s), Transformation(s) du système migratoire Colombie-Espagne (1988-2014)    - Sierra-Paycha Célio  -  20 juin 2017

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    Ce travail ambitionne d'analyser le déploiement de près d'un demi-million de migrants, de la Colombie vers l'Espagne et de l'Espagne vers d'autres horizons. Les dynamiques ayant conduit à l'émergence du système migratoire colombien en Espagne à la fin des années 1990, à ses développements de 2000 à 2007, ainsi qu'aux transformations observées depuis la crise de 2008 y sont étudiées à plusieurs échelles : projets migratoires individuels, réseaux familiaux, réseaux migratoires, réseaux urbains. L'hypothèse d'auto-organisation permet d'étudier les contributions différenciées des migrants à la structuration du système migratoire et réciproquement le rôle du système dans la structuration des parcours migratoires des individus. Le recours à une observation multiscalaire - articulant données d'ordre macroscopique (données censitaires, registres de population) et microdonnées individuelles (Encuesta Nacional de Inmigrantes 2007) – ainsi que multi-site (sources colombiennes et espagnoles), a nourri une réflexion sur la « morphogenèse » d'un système migratoire particulier et a permis de confronter cet apport empirique aux hypothèses des grands travaux fondateurs des études migratoires qui sont continument mobilisés et discutés au long des quatre parties de ce manuscrit.

  • Governing or being governed? A scalar approach of the transformation of State power and authority through the case of immigration and integration policies of four frontier towns in Israel    - Desille Amandine  -  01 juin 2017

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    Les mutations des échelles de responsabilité, ainsi que le rôle de l'immigration dans la production physique mais aussi symbolique de la ville, sont analysés à travers le prisme des politiques locales d'immigration et d'intégration mises en œuvre dans les villes israéliennes d'Acre, Arad, Kiryat Gat et Kiryat Shmona. La politique volontariste d'accueil des immigrés juifs en Israël, datant des années 1950, est mise à l'épreuve de la décentralisation. En réalité, seule une partie des autorités locales mettent en place des politiques locales d'immigration et d'intégration. L'enquête montre que ces villes moyennes font souvent le choix de former de façon proactive une politique locale afin de « choisir » les immigrés qui s'y installent d'une part ; et de développer de nouveaux canaux d'accès à des ressources publiques d'autre part. Dans ce contexte, la mise en place d'une politique d'immigration dans la ville engendre une situation d'interdépendance entre des acteurs situées à des échelles de pouvoir différentes. Avec l'éclatement des responsabilités, les acteurs sont mis en concurrence pour obtenir les ressources publiques et privées dédiées à l'intégration des immigrés. L'immigration prend part à la fabrique du lieu. Via la mise en valeur de la contribution des anciennes vagues d'immigration, et le potentiel imaginé des futurs immigrés, l'immigration est envisagée comme un renouveau démographique, économique ou culturel. Conçue comme un levier, elle permet de redéfinir les échelles de développement de ces villes frontières.

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