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Lefilliâtre Boris

La thèse soutenue par "Lefilliâtre Boris"

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  • Quand une abréviation tient deux fers au feu : l'euphémisme et le dysphémisme générés par troncation en anglais contemporain (à partir de 1850)    - Lefilliâtre Boris  -  01 juin 2021

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    La troncation d'une forme ne s'explique pas toujours par une volonté de créer une lexie familière, argotique, ou propre à une lexie spécialisée : sa motivation (lexicale) ou/et son objectif (pragmatique) en situation de communication est/sont parfois Xphémique(s), i.e. euphémique(s) ou dysphémique(s). Ce procédé lexicogénique permet de générer un euphémisme, dans la mesure où les interlocuteurs ont besoin de reconstituer mentalement la forme pleine d'origine pour la comprendre, de sorte que la référence à la forme taboue est indirecte, ce qui adoucit l'accès au sens et méliore la lexie. A l'inverse, une troncation peut créer un dysphémisme, par connotation de relâchement avec d'autres formes fréquemment tronquées qui correspondent à des lexies familières, argotiques ou propres à un jargon particulier. Ainsi, le potentiel euphémisant ou dysphémisant de la troncation apporte une conception sémantique et cognitive de l'Xphémisme tronqué basé sur la fréquence de troncation d'une forme pleine. S'il est vrai que l'euphémisme tronqué méliore, et le dysphémisme tronqué péjore la forme source, la polarité du changement de connotation n'est pas ce qui permet de distinguer et donc de définir l'euphémisme du dysphémisme tronqué. Les lexies tronquées méliorantes ne sont pas euphémiques si la forme d'origine n'est pas à proscrire, comme c'est le cas pour les troncations hypocoristiques ou magnifiantes. L'Xphémisme est plutôt conditionné par la notion de tabou ; il s'agit d'un phénomène lexicologique obéissant à un principe d'autocensure en cas d'euphémisme, ou au contraire de transgression en cas de dysphémisme. Sur l'interface sémantique-morphologie-pragmatique, des critères de détection des Xphémismes tronqués en tant que motivations ou fortes tendances de leur usage peuvent être énoncés, tels qu'une forme plus fréquemment tronquée qu'en moyenne pour l'Xphémisme, une morphologie exprimant la censure pour l'euphémisme, ou la désignation/description d'un groupe identitaire de personnes pour le dysphémisme. Dans une approche multimodale ancrée en pragmatique, des stratégies d'analyse pour le repérage des Xphémismes tronqués en tant qu'objectifs d'occurrences uniques peuvent être distinguées et utilisées conjointement, comme le recours au cotexte, à la syntaxe élocutionnelle basée sur des indices prosodiques et kinésiques, à la morphologie évaluative ou à des indices extralinguistiques. Un euphémisme ou dysphémisme pur n'existe pas pour ce qui est de la troncation Xphémique ; les deux phénomènes coexistent dans ce cas de figure, notamment parce que la troncation crée des euphémismes ou dysphémismes relativement faibles et modérés, du fait de la substitution qui n'est que partielle, en comparaison aux procédés Xphémisants de substitution totale comme la métaphore ou l'emprunt à une autre langue. La lexie réduite est même parfois équivoque, si elle s'apparente à une simple forme de registre familier, par exemple. Par le biais d'une troncation, un locuteur peut donc discrètement transgresser un tabou, ou dissimuler sa gêne vis-à-vis de celui-ci. La faiblesse de l'Xphémisme tronqué peut toutefois être contrée par sa faible fréquence d'utilisation, ou par une troncation plus ou moins étendue en termes du nombre de lettres ou de phonèmes retirés. Des lexies homonymiques avec la forme tronquée, ainsi que des sens distincts non tabous (orthophémiques) de cette forme réduite, rendent la forme réduite plus discrète, ce qui affaiblit son effet dysphémique ou renforce son effet euphémique. La troncation Xphémique est donc influencée par un facteur de saillance cognitive lié à la mémoire lexicale des interlocuteurs sur l'emploi d'une forme, avec tous les sens qu'elle peut porter.

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