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Section 17 - Philosophie

Les thèses se rapportant à la section CNU "Section 17 - Philosophie"

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  • Contribution à une problématique de l'ontologie sociale phénoménologique à partir de Husserl    - Ki-Zerbo Lazare  -  01 octobre 1994

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    L'ontologie sociale phénomenologique traite de l'unité constitutive des collectifs sociaux. Dans l'ontologie politique classique, on parle ainsi, depuis pufendorf (droit naturel et droit des gens), de personnes morales. Notre contribution a une problématique de l'ontologie sociale phenoménologique a partir de husserl envisage cette thématique sous l'angle de deux schèmes d'unification des multiplicités numériques enracinés dans une souche textuelle enfouie : la philosophie de l'arithmétique (1890). Le premier schème est un schème constructiviste, portant par conséquent la triple marque du mathématicien Kronecker, de Hobbes mais aussi du maitre Franz Brentano, dont la psychologie descriptive s'oppose au criticisme formel kantien. C'est la liaison collective qui permet a la phénomenologie de se déployer comme machine de guerre contre l'ontologie politique classique articulée a la catégorie de l'état. La communauté constituée dans l'immanence des liaisons interhumaines l'emporte sur l'objectité logico-politique transcendante. Cette lecture se fonde sur l'annexe xviii du volume des husserliana, et le manuscrit f1 28 consacré a Hobbes. Nous l'étudions également chez A. Schutz, Sartre et Proudhon. Le second schème se définit comme unification figurale se transcendant dans l'objectité sociale meta individuelle. C'est la multiplicité sensible ou qualité-de-forme (gestalt).

  • De la conception empiriste du langage représentationnel au projet carnapien du réductionnisme logique : En quête d'une démarche empiriste libérale autour des années 1930    - Lengelo Muhenya Junior-Placide  -  25 novembre 2016

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    Une théorie empiriste de la connaissance affirme que le langage est doté de la capacité à « représenter » quelque chose d'autre que le langage lui-même. A la fin du XVIIe siècle, en effet, Locke et ses successeurs ont analysé empiriquement ce à quoi nos idées ressemblent et que les mots représentent mentalement. Autour des années trente, Schlick et ses camarades du Cercle de Vienne se servent des acquis linguistico-logiques de Frege, Russell et Wittgenstein pour analyser logiquement les propositions scientifiques, leur correspondance avec les états de choses qu'elles représentent. Avec eux, la philosophie analytique devra dorénavant ramener les problèmes de la connaissance au niveau de l'expérience langagière. C'est là que réside le caractère radical et réductionniste d'une démarche empiriste : les empiristes classiques ont fixé dans la perception la genèse chronologique de nos idées et nos pensées ; à leur tour, les Viennois déterminent le sens d'une proposition en la traduisant en propositions élémentaires, dites « Protokollsätze », qui renvoient directement au donné empirique. A la même période, Carnap se démarque des autres empiristes logiques en posant les problèmes du langage de la science en termes de reconstruction rationnelle des concepts et, cela, en introduisant de nouveaux concepts à partir de ceux déjà connus comme concepts de base phénoméniste (dans l'Aufbau en 1928) ou physicaliste (au cours des années trente). Tel est son réductionnisme logique qu'il renforce par la syntaxe logique. L'analyse logique ne porte pas sur le donné mais sur la proposition, et en particulier sur les propriétés formelles et des relations purement logiques qu'entretiennent les propositions dans un système. Carnap tente de libéraliser la démarche empiriste en assouplissant le critère de scientificité et, conformément à son « Principe de Tolérance », en adjoignant à l'ancrage empirique des questions de conventions pour la structure des propositions scientifiques. Il modère la critique viennoise de la métaphysique en attribuant à la philosophie, devenue « la logique de la science », la tâche de méthodes et formes adéquates pour la construction du langage de la science.

  • De la juridicité : approche de phénoménologie herméneutique    - Mazabraud Bertrand  -  04 décembre 2013

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    Bien que tout un chacun use du droit au quotidien, nul ne semble parvenir à s'accorder sur la juridicité. Pour approcher celle-ci, la phénoménologie-herméneutique, à la manière dont elle fut pratiquée par Ricoeur, offre de précieux jalons. D'abord, elle invite à entrer en dialogue avec les théories positivistes, afin de mieux expliquer la structure du droit, ses objets (les normes, les institutions), et son ordonnancement. Cependant, le positivisme est incapable d'expliquer ce qui fonde ou autorise une telle structure (I). Ensuite, la juridicité peut être approchée à travers ses modalités linguistiques et herméneutiques. Le droit se manifeste comme la formulation de significations sociales prioritaires qui, pour être appliquées, doivent être en permanence amendées et enrichies. L'herméneutique juridique se comprend comme la dialectique entre l'invention de la solution la plus juste et son acceptabilité par rattachement au droit existant. Toutefois, si la raison judiciaire est mieux comprise, il reste que ce n'est pas cette dernière seule qui valide l'existence d'un énoncé normatif, mais le dispositif conventionnel d'habilitation à dire le droit. Alors que le normativisme aboutissait à un primat de la loi, l'herméneutique judiciaire aboutit à un primat du juge. Or l'un présuppose l'autre et vice-versa (II). Enfin, l'herméneutique philosophique de Ricoeur permet de reconduire la juridicité aux paradoxes du politique et de l'éthique. Au regard du paradoxe politique, le droit s'entend du moyen pour une communauté historique de se doter de la capacité de décider et se trouve autorisé de rendre durable le concert d'action qui fonde ladite communauté. Au regard de la justice, le droit se comprend comme l'exception que le tiers peut opposer à la sollicitude illimitée due au prochain. Par suite, la raison de la validité instituée des énoncés juridiques tiendrait au tragique de l'action, de sorte qu'elle peut se comprendre comme une présomption de validité morale et politique (III).

  • Désemparement : de la souffrance de l'exister. Dialogue avec Martin Heidegger et Henri Maldiney    - Rochegude Anne-Sophie  -  02 décembre 2014

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    L'homme ordinaire est un homme de la quotidienneté : ce quotidien cadence sa vie, la détermine et circonscrit une mondanité qualifiée par Heidegger d'inauthentique. Mais cet être-au-monde, en-deçà de son mouvement de perte, dévoile un mouvement d'explication au monde qui est « emparement ». L'homme s'empare et est emparé par le monde, c'est ainsi qu'il prend pied, s'enracine et trouve une certaine stabilité. La présence mondaine de l'homme est ainsi fondée sur la croyance originaire du monde (Urdoxa) comme sol ferme, garantissant notre présence et n'interrogeant jamais notre existence, notre droit à exister. Cependant, cette situation porte en elle-même des failles, où tant notre existence que notre habiter sont questionnés, voire radicalement impossibilisés : cette épreuve que nous posons comme désemparement, dit le cœur de notre être, considéré au regard de la philosophie maldinéenne comme vide, gouffre, béance, Ouvert. Notre étude phénoménologique est donc analyse des deux concepts d'emparement et de désemparement, ce dernier se donnant à la fois comme tonalité affective de l'être (GrundStimmung) se criant et comme détermination ontologique foncière.

  • Élan vital et mystique dans la pensée d'Henri Bergson    - Baka Okpobé Christiane  -  03 décembre 2012

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    La première conception de la religion que nous livre Bergson dans Les deux sources de la morale et de la religion semble se réduire à un fait anthropologique. Cette religion, qu'il décrit comme une réalité statique, brouille toute idée de révélation qui se veut pourtant transcendante à l'Histoire. La deuxième conception, par contre, sans être une réflexion systématique sur l'idée d'un Dieu révélé, s'en rapproche par le biais des mystiques. Mais, là encore, se présente une difficulté : pour rejoindre la mystique, Bergson la situe dans le processus évolutif d'une réalité naturelle, l'élan vital dont il suit le cours jusqu'à son achèvement. Ainsi se pose la question de la nature transcendante ou non du fait mystique dans le bergsonisme. La réponse à cette question nécessite, non pas seulement une intelligibilité de l'image la plus controversée du vocabulaire bergsonien, l'élan vital, mais surtout une sympathie avec elle, qui seule permet d'aller au-delà de la rigidité des mots pour découvrir la vie qui les innerve. Par l'intuition, démarche de l'esprit, que le philosophe français recommande comme méthode à la philosophie, l'élan vital se solidarise avec la durée créatrice et devient le langage par lequel l'univers créé se comprend : le langage de l'amour divin. Il peut alors s'allier avec la mystique sans lui faire perdre sa double essence de réalité humaine et transcendante.

  • Enjeux éthiques et écologiques de la responsabilité : vers une approche de la co-responsabilité    - Ndiaye Ibrahima  -  25 juin 2014

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    Nombreuses sont les exigences qui s'adressent à nous, non pas seulement parce que nous sommes des sujets moraux, mais aussi en tant que citoyens, membres d'un corps politique dont il faut observer les règles pour en garantir la pérennité. Aussi notre responsabilité est-elle doublement convoquée tant bien sur le champ éthique que politique. En effet, le péril écologique nous rappelle notre devoir moral envers la postérité, pour le maintien d'un environnement viable. La menace d'une rupture du lien social, engendrée par un individualisme exacerbé, exige de trouver un nouveau contenu au concept de responsabilité, contenu qui devra être à la hauteur des enjeux de la situation. Seulement, le besoin de consommation frénétique, et la volonté de satisfaction immédiate de désirs, souvent frivoles, s'opposent à cet appel à concevoir une nouvelle forme de responsabilité, que nous définirons comme co-responsabilité. Un régime de sacrifices et une certaine disposition de l'esprit d'abnégation seront nécessaires compte tenu de l'urgence du moment. Mais hélas ! Ces renoncements sont occultés par des préoccupations égoïstes sans lendemain. Aussi, l'enquête menée ici, s'est-elle donnée comme objectif d'examiner les leviers susceptibles de mobiliser les ressources suffisamment persuasives pour accomplir une telle entreprise. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes appuyés sur l'analyse de la notion de responsabilité tant dans son application politique, que dans sa rhétorique éthique. Selon Rousseau, l'espèce ne s'est élevée au-dessus de son caractère strictement biologique qu'en cessant d'obéir uniquement à ses pulsions. C'est dans la même veine que Kant affirmera l'autonomie du sujet qui assoira sa responsabilité morale. Mais l'anatomie du concept à laquelle nous avons procédée a permis de trouver à la responsabilité une fondation qui rompt avec tout volontarisme moral. En effet, la dialectique entre liberté et responsabilité a donné lieu à une conception plus féconde de la responsabilité, éthiquement parlant, du moins. En effet, il ne fait pas de doute que le responsable est au sens juridique, l'auteur d'une action accomplie en parfaite connaissance de causes. Ce qui implique la présence, chez cet auteur, d'une conscience à la fois psychologique et moral, d'un libre arbitre, d'une volonté libre. C'est ce que l'analyse de la liberté a permis de réaffirmer ici. Mais ce type de responsabilité formelle de n'importe quel acteur à l'égard de son action n'épuise pas la richesse des responsabilités qui nous incombent. Notre responsabilité ne découle pas exclusivement de notre liberté. Au contraire, elle la déborde et la contient, au niveau politique, mais surtout éthique. Une telle conception de la responsabilité sonne ou plutôt ré-sonne comme un appel à une responsabilité solidaire et collective. Elle ré-sonne, car cette forme de responsabilité qui consiste au secours que nous devons aux êtres vulnérables, condamnés à périr sans notre intervention a reçu ses lettres de noblesse sous la plume de Hans Jonas, dans son œuvre majeure : Le principe responsabilité. Cependant, c'est à Emmanuel Levinas que nous devons cette conception de la responsabilité que nous avons à l'égard des autres êtres. Responsabilité éthique orientée vers l'irréductible inquiétude pour l'Autre « dans la nudité de son visage » jusqu'à la substitution. À une époque où les rapports humains sont dé-réalisés parce que informatisés et numérisés, du fait du développement spectaculaire des nouveaux outils scientifiques et technologiques entraînant l'abrasion de l'empathie et de la sensibilité, il est important de réfléchir à nouveaux frais sur une vision quasi religieuse du progrès ignorant l'humain et la nature qu'il exploite. Aussi, militant pour la sauvegarde de conditions humainement viables, avons-nous cherché à replacer l'Homme et son avenir au cœur de toutes préoccupations. Convaincu que le saint absolu n'existe pas, ni le démon absolu non plus, notre objectif vise à mobiliser les ressources de la part noble de l'Homme afin que chacun réponde au niveau qui est le sien à la détresse qui s'adresse à nous, et tienne sa partie dans l'immense et profonde solidarité des âmes. Le pari étant que, par le dépassement des égoïsmes et particularismes, la réalisation de quelque chose de plus grand que nous est toujours possible. On pourrait parler, comme Husserl, de l'accès à « la dignité d'une humanité capable de tâches infinies. »

  • Gilles Deleuze et Antonin Artaud : L'impossibilité de penser    - Bouillon Anne  -  19 janvier 2013

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    Au sein de la pensée de Deleuze, la poésie d'Antonin Artaud apparaît comme la ligne de fuite par excellence à partir de laquelle tout le foisonnement conceptuel deleuzien s'articule. Artaud est en effet celui qui brise l'image de la pensée – ou ce que nous voulons dire habituellement par " penser " en philosophie – en refusant son innéité et son universalité, c'est-à-dire la cogitatio natura universalis. Car pour Artaud comme pour Deleuze, le plus souvent, la pensée s'affronte à son problème véritable, qui est son impouvoir ou son impossibilité. Ainsi, la première partie de la thèse s'attaque à la compréhension de la destitution de l'image de la pensée dans Différence et répétition de Deleuze, à partir de l'idée de " génital inné " d'Artaud dans la Correspondance avec Jacques Rivière. Si l'image de la pensée ne dit rien du processus de penser, de quelle logique sommes-nous capables ? Au travers de la découverte de la logique paradoxale déployée dans les paradoxes de Logique du sens de Deleuze, il s'agira de penser le rapprochement entre Artaud et Nietzsche. L'axe principal de cette partie est la critique du jugement menée par Artaud. Enfin, jeté dans les paradoxes de la vie, la troisième partie envisage le grand impensé de la philosophie qu'est le corps : en effet, de quel corps sommes-nous capables ? L'enjeu, de l'impossibilité de penser à la question du corps - rapprochant L'Ethique de Spinoza du corps sans organes d'Artaud - est bien de renouer la pensée avec la vie, selon le projet du Gai savoir de Nietzsche et qu'Artaud ne cesse de reformuler dès ses premiers écrits. L'impossibilité de penser dit non seulement la séparation d'avec la vie, mais aussi l'impensable qu'est le corps : en effet, que dire de notre propre corps, tel que nous le vivons ? Dans quelle mesure la création de concepts en rhizome dans Mille Plateaux de Deleuze et Guattari explore-t-elle le corps sans organes d'Artaud, ce corps vécu qui reste encore mystérieux pour la pensée ? Artaud souhaitait qu'on l'aime non pas pour son œuvre mais pour sa vie, témoignant d'une grande santé contre un monde malade : l'horizon de l'impossibilité de penser est alors la pensée blessée et profonde assumant la vie elle-même dans toute son opacité.

  • Idéal et normativité dans la philosophie de Kant    - Boutot Laurent  -  05 décembre 2009

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    Ce travail s'interroge sur la signification et la portée du concept de " souverain Bien " dans la philosophie pratique de Kant. Comment justifier l'affirmation kantienne selon laquelle le souverain Bien est l'objet nécessaire et a priori de la raison pratique pure ? L'objectif de la thèse est de chercher à rendre compte de ce moment téléologique qui surgit dans la " Dialectique de la raison pratique pure " et que la théorie normative exposée dans " l'Analytique " semble pourtant rendre inutile. L'aspiration au souverain Bien est nécessaire a priori parce qu'elle participe de l'inévitable et naturel élan métaphysique de la raison à l'inconditionné. On cherche ensuite à fonder la nécessité pratique du souverain Bien en montrant que si le souverain Bien ne fait pas partie des concepts fondamentaux de l'éthique, il fait cependant partie des concepts fondamentaux de l'application de l'éthique au contexte d'une volonté morale finie. Enfin, la nécessité morale de la tâche de promouvoir de souverain Bien vient ce que celle-ci est à rapporter à l'exigence immanente de la raison pratique de chercher à s'appliquer dans le monde.

  • Jean-Jacques Rousseau et l'exigence d'une éducation spirituelle    - Tindy-Poaty Juste Joris  -  20 janvier 1998

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    L'interprétation spiritualiste que nous proposons de la pensée de Rousseau sur l'éducation a pour fondement principal son analyse anthropologique. Cette dernière repose notamment sur la distinction entre "l'homme de la nature" et l'homme de l'homme" ou l'homme de la civilisation. Comparativement à l'homme de l'homme, l'homme de la nature est l'archétype de l'humanité authentique. Il s'ensuit que l'éducation doit avoir pour modèle cet homme de la nature. Éduquer, c'est alors ramener les individus à la nature, à l'humanité originelle. Cette entreprise n'est point illusoire dans la mesure où la distance qui nous sépare de cette humanité originelle n'est pas historique, mais intérieure. Le retour à la nature est un appel à la conversion spirituelle. En encourageant l'individu à se réconcilier avec lui-même, l'éducation l'incite également à une réconciliation avec Dieu. Cette relation de l'individu avec Dieu s'inscrit non pas sous le mode de la transcendance, mais sous celui de l'immanence qui souligne mieux la question de l'unité de l'être. Cette question de l'unité de l'être conduit à reconnaître l'importance de l'éducation à la liberté. Éduquer véritablement, c'est apprendre aux individus à être leur propre recours dans une parfaite unité de soi. Cette éducation à la liberté est, cependant, aussi une éducation à la vertu. Car être vertueux, c'est savoir coïncider avec soi. Cet encouragement à l'intimité spirituelle, qui n'exclut pas une éducation à la citoyenneté, est un éloge de la philosophie. L'unité de l'être, mise en mal par les revers de la civilisation, ne peut être reconstruite que par la philosophie, entendue comme enseignement riche de sens et dépositaire d'une vérité absolue.

  • Judaïsme et christianisme chez Kant : Du respect de la loi à son accomplissement dans l’amour    - Salvetti Florence  -  08 décembre 2012

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    Cette thèse de doctorat se propose de reprendre l'ensemble de la philosophie pratique de Kant en aval, c'est-à-dire à partir de l'ouvrage chronologiquement tardif dans le corpus kantien, La Religion dans les limites de la simple raison (1793), dont la Première partie assigne à la volonté un défi : le « mal radical ». Le « mal radical » n'est pas le mal absolu ou diabolique, mais il consiste en une inversion (Verkehrtheit) de l'ordre des principes au sein du vouloir, et ne peut être déraciné que par l'entière conversion du cœur. Avec le mal s'ouvre l'antinomie du judaïsme, considéré par le philosophe comme le contre-modèle de la foi par excellence, et du christianisme, criterium unique et anhistorique de la religion, seul à même de résoudre le problème de l'homme nouveau. Si, selon Kant, le judaïsme est nouménalement nul parce qu'incapable de véhiculer le contenu de la religion rationnelle, le philosophe, qui considère l'interdit biblique de l'idolâtrie comme « le commandement le plus sublime du Livre de loi des Juifs », lui reconnaît néanmoins le mérite de mettre l'accent sur le respect. Le christianisme, quant à lui, met l'accent sur l'amour, dont Kant retient la signification pratique, à savoir qu'il est l'état de perfection de l'intention vers lequel nous devons tendre

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